
Voulons-nous (sérieusement) changer le monde ?
de Bertrand Badré
3,5/5selon la rédaction
3,8/5 sur Amazon, 29 évaluations, relevé en septembre 2026
Un essai accessible pour comprendre comment la finance peut contribuer aux transitions, malgré un diagnostic parfois général.
En bref
Bertrand Badré interroge les conséquences de la crise du Covid-19 sur l’organisation du monde et sur le rôle de la finance. Il défend l’idée que les transformations écologiques et sociales ne pourront aboutir sans une réorientation des capitaux, des institutions et des pratiques économiques.
À propos du livre
L’ouvrage part d’un constat : les crises contemporaines rendent insuffisants les équilibres économiques et politiques hérités des décennies précédentes. La pandémie sert de révélateur à des fragilités déjà présentes, mais aussi de point de départ pour réfléchir à la manière de financer des transformations de long terme. Le livre met en relation les enjeux climatiques, les inégalités et la responsabilité des acteurs financiers, sans réduire ces questions à la seule recherche de rentabilité.
Bertrand Badré adopte une démarche de réflexion et de proposition plutôt qu’un récit de la crise sanitaire. Son propos cherche à rendre lisibles des mécanismes financiers souvent présentés comme techniques ou abstraits, en les reliant à des choix politiques concrets. Cette volonté de pédagogie rend l’essai accessible à un lecteur non spécialiste, même si certaines analyses restent davantage esquissées qu’approfondies.
La particularité du livre tient à la position de son auteur, issu de la haute finance internationale et engagé sur les questions de développement durable. Cette expérience lui permet de déplacer le débat : la finance n’est pas seulement décrite comme une force à réguler, mais comme un outil susceptible d’orienter l’économie vers des objectifs collectifs. Cette perspective nourrit une réflexion utile sur les conditions concrètes du changement, tout en exposant le livre au risque d’un optimisme institutionnel.
L’intérêt de cet essai réside surtout dans sa tentative de faire dialoguer économie, politique et responsabilité collective. Il s’inscrit dans une littérature qui cherche à dépasser l’opposition entre croissance financière et transition écologique, en examinant les leviers disponibles dans le monde réel. Les lecteurs qui attendent une critique radicale du capitalisme ou un programme politique détaillé pourront toutefois trouver le propos trop consensuel ou trop général sur certains points.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui veulent comprendre le rôle possible de la finance dans la transition écologique et sociale sans disposer d’une formation économique spécialisée.
- Les personnes intéressées par les conséquences politiques et économiques de la crise du Covid-19 et par les réformes qu’elle pouvait ouvrir.
- Les lecteurs qui apprécient les essais proposant un dialogue entre expérience professionnelle, analyse économique et réflexion civique.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une enquête documentée au moyen de données détaillées, de cas approfondis ou d’une démonstration universitaire.
- Les personnes qui attendent une critique radicale du système financier ou des propositions politiques immédiatement applicables.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le livre relie clairement les enjeux financiers aux questions écologiques, sociales et politiques.
- L’expérience internationale de Bertrand Badré donne au propos une connaissance concrète des institutions et des mécanismes financiers.
- La volonté de vulgarisation rend accessibles des notions souvent traitées dans un langage technique.
Ce qui coince
- Le diagnostic reste parfois général, ce qui limite la précision de certaines propositions.
- La confiance accordée aux institutions et aux acteurs financiers pourra sembler insuffisamment critique aux lecteurs qui attendent une remise en cause plus profonde du système.
Fiche technique
- Auteur
- Bertrand Badré
- Éditeur
- Mame
- Parution
- 2022
- Format
- Numérique
Par la rédaction de Livres et pensées.