
Volpone
de Stefan Zweig
3,5/5selon la rédaction
4,5/5 sur Amazon, 29 évaluations, relevé en septembre 2026
Une adaptation théâtrale satirique et efficace, où Zweig transpose la cupidité de Jonson dans une mécanique scénique nerveuse.
En bref
Dans cette adaptation de la comédie de Ben Jonson, Volpone, riche Vénitien sans héritier, feint d’être à l’agonie pour observer les convoitises de ceux qui espèrent recueillir sa fortune. Aidé par son serviteur Mosca, il transforme la perspective de sa mort en instrument de manipulation. La pièce exploite les ressorts de la farce, de la satire sociale et du théâtre de la duplicité.
À propos du livre
Zweig s’empare d’un sujet ancien pour examiner une passion qui traverse les époques : le désir de posséder, même au prix de l’humiliation et du renoncement à toute morale. Autour de l’héritage espéré se forment des rapports où chacun calcule, ment et se met en scène. La pièce ne propose pas une étude psychologique approfondie de la cupidité, mais une observation rapide et mordante de ses effets sur les comportements, les institutions et les relations de pouvoir.
La construction repose sur un dispositif théâtral particulièrement lisible : un personnage qui feint, un complice qui organise, et des adversaires qui se dévoilent en croyant agir librement. Les scènes avancent par renversements, révélations et confrontations, avec un goût marqué pour la caricature. Le style de Zweig reste plus souple et directement accessible que celui de nombreux textes dramatiques classiques, même si cette efficacité peut parfois donner aux personnages une dimension volontairement schématique.
Volpone occupe une place singulière dans l’œuvre de Zweig, surtout connue pour ses nouvelles, ses biographies et ses récits autobiographiques. Il ne s’agit pas d’une création entièrement originale, mais d’une réécriture assumée d’un texte majeur du théâtre élisabéthain. Zweig conserve le noyau satirique de Ben Jonson tout en privilégiant une forme adaptée à son propre public et à son propre sens du rythme scénique.
La réputation de la pièce tient d’abord à la solidité de son mécanisme comique et à la permanence de son sujet. La dénonciation de la cupidité reste immédiatement compréhensible, sans exiger de connaissances particulières sur le théâtre anglais. En revanche, le lecteur qui attend la densité intérieure ou la mélancolie des grands récits de Zweig peut trouver ici une œuvre plus extérieure, fondée sur les rôles, les gestes et les retournements plutôt que sur l’introspection.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment les satires de la cupidité et les intrigues fondées sur le mensonge y trouveront une mécanique dramatique claire et efficace.
- Les amateurs de théâtre classique qui souhaitent découvrir une réécriture moderne de Ben Jonson apprécieront le dialogue entre la source élisabéthaine et la sensibilité de Zweig.
- Les lecteurs de Zweig curieux de ses œuvres dramatiques y verront un autre aspect de son travail, plus scénique et plus directement comique.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent principalement la finesse psychologique et la tonalité intime des nouvelles de Zweig risquent de trouver les personnages trop dessinés à grands traits.
- Les personnes peu sensibles à la farce satirique et aux intrigues de manipulation pourront juger les péripéties répétitives.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dispositif de la fausse agonie met immédiatement en place une satire compréhensible de la cupidité.
- La structure en scènes et en retournements donne au texte un rythme théâtral net.
- L’adaptation rend accessible un classique de Ben Jonson sans effacer son principe satirique.
Ce qui coince
- Les personnages sont souvent définis par un vice ou une fonction dramatique, ce qui réduit leur profondeur psychologique.
- La répétition des calculs et des manipulations peut produire une impression de mécanique appuyée, surtout chez les lecteurs peu attirés par la farce.
Fiche technique
- Auteur
- Stefan Zweig
- Éditeur
- Payot
- Parution
- 1926
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 8,00 €
- ISBN
- 9782228941983
Par la rédaction de Livres et pensées.