
Vol 714 pour Sydney
de Hergé
3,5/5selon la rédaction
4,8/5 sur Amazon, 537 évaluations, relevé en septembre 2026
Une aventure tardive, inventive dans sa mise en scène mais affaiblie par un scénario qui force parfois le spectaculaire.
En bref
En route vers Sydney, Tintin, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol rencontrent le milliardaire Laszlo Carreidas. Leur voyage prend une tout autre direction lorsqu’ils sont détournés vers une île isolée, où se multiplient les événements étranges et les personnages inquiétants.
À propos du livre
Avant-dernier album achevé par Hergé, Vol 714 pour Sydney reprend plusieurs figures familières de la série et les place dans un récit de détournement, de séquestration et de mystère. L’aventure oppose le pragmatisme de Tintin, l’emportement de Haddock et la distraction de Tournesol à un environnement où les rapports de force changent rapidement. Le cadre insulaire resserre l’action et donne au récit une tonalité plus nerveuse, avec une place importante accordée aux situations absurdes et aux menaces difficiles à identifier.
La construction repose sur une succession de péripéties très lisibles, servies par le découpage classique d’Hergé. Les décors, les attitudes et les accessoires portent une grande partie de l’humour, tandis que les dialogues entretiennent les antagonismes entre les personnages. L’album joue cependant avec des éléments qui ne s’intègrent pas tous naturellement au réalisme relatif des aventures précédentes. Certaines explications arrivent de manière abrupte, ce qui donne au dernier mouvement une efficacité spectaculaire mais aussi une impression de facilité scénaristique.
L’album occupe une place singulière dans la série. Hergé y retrouve Rastapopoulos, ancien adversaire de Tintin, tout en poussant plus loin le mélange entre espionnage, comédie et fantastique. Cette évolution explique à la fois son intérêt et les réserves qu’il suscite. Le dessin reste précis, expressif et remarquablement construit, mais l’intrigue paraît moins équilibrée que dans les épisodes les plus aboutis. Sa réputation tient donc autant à son atmosphère inhabituelle et à son inventivité graphique qu’à ses faiblesses narratives.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les aventures de Tintin tardives, avec un cadre fermé, des antagonistes récurrents et une intrigue plus étrange que réaliste.
- Les amateurs de bande dessinée franco-belge qui souhaitent observer le découpage, l’humour visuel et la précision graphique d’Hergé.
- Les lecteurs prêts à accepter une résolution très spectaculaire, même lorsque la logique du récit devient moins rigoureuse.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent dans Tintin une intrigue entièrement réaliste et solidement expliquée risquent de trouver certaines facilités frustrantes.
- Les lecteurs peu sensibles à l’humour fondé sur les caricatures et les réactions répétées de Haddock pourront juger le récit inégal.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le découpage maintient une lecture fluide en alternant action, comédie et scènes de tension.
- Les expressions des personnages et les détails des décors soutiennent efficacement l’humour visuel.
- Le cadre insulaire crée une atmosphère de huis clos inhabituelle dans la série.
Ce qui coince
- Le recours à des éléments fantastiques arrive de façon si abrupte qu’il fragilise la cohérence de l’intrigue.
- La caractérisation de certains adversaires repose davantage sur la caricature que sur une réelle profondeur.
Fiche technique
- Auteur
- Hergé
- Éditeur
- Casterman
- Parution
- 1968
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 8,95 €
- ISBN
- 9782203007666
Par la rédaction de Livres et pensées.