
Une femme fuyant l'annonce
de David Grossman
4,5/5selon la rédaction
4,1/5 sur Amazon, 216 évaluations, relevé en septembre 2026
Un roman ample et grave sur la peur, la guerre et la puissance des récits familiaux, exigeant mais profondément incarné.
En bref
Ora apprend que son fils Ofer, engagé dans une opération militaire, risque d’être exposé au danger. Elle quitte son domicile et part marcher en Galilée avec Avram, cherchant ainsi à échapper à l’éventualité d’une annonce tragique. Au fil de leur marche, Ora raconte son fils, sa famille et les années qui ont façonné leurs relations. Le roman mêle drame intime, réflexion sur la guerre et exploration des liens entre mémoire, parole et survie.
À propos du livre
Le sujet dépasse le seul récit d’une mère confrontée à la menace qui pèse sur son enfant. David Grossman interroge la manière dont la guerre s’installe dans les existences ordinaires, jusque dans les gestes les plus privés et les conversations familiales. La peur n’est pas seulement une émotion, elle devient une force qui déforme le temps, les souvenirs et la perception des responsabilités. Le roman avance ainsi sur une ligne tendue entre l’expérience individuelle et la réalité collective israélienne.
La construction repose largement sur la marche et sur la parole d’Ora. Le déplacement dans le paysage sert de cadre à une remontée dans le passé, tandis que les récits qu’elle livre donnent progressivement une épaisseur aux êtres et aux événements. Grossman privilégie les variations de rythme, les reprises et les associations de mémoire plutôt qu’une progression strictement linéaire. Cette ampleur permet une analyse fine des sentiments, mais demande au lecteur d’accepter une narration méditative, parfois insistante.
Le livre occupe une place importante dans l’œuvre de Grossman par la façon dont il articule l’intime et la question politique sans réduire l’un à l’autre. La guerre n’y apparaît pas comme un simple décor ni comme un sujet documentaire, mais comme une présence qui transforme les relations et le langage. La réputation du roman tient notamment à cette combinaison entre souffle romanesque, densité psychologique et réflexion sur ce que raconter peut préserver face à la menace de la perte.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui cherchent un roman familial dense, où les souvenirs et les non-dits comptent autant que l’action.
- Les lecteurs intéressés par la littérature israélienne et par les effets de la guerre sur les vies privées.
- Les lecteurs qui apprécient les récits amples, introspectifs et construits autour de la parole.
À éviter si
- Les lecteurs qui veulent une intrigue rapide et linéaire risquent de trouver la marche, les retours en arrière et les développements psychologiques trop lents.
- Les lecteurs peu intéressés par les récits marqués par le contexte politique et militaire israélien peuvent rester à distance de ses enjeux.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La peur de la guerre est rendue concrète par ses effets sur les relations familiales et sur la perception du temps.
- La marche fournit une structure narrative claire à un récit très riche en souvenirs et en digressions.
- Les personnages gagnent en profondeur grâce à une attention constante portée à leurs contradictions et à leurs non-dits.
Ce qui coince
- L’ampleur du roman et son insistance méditative peuvent ralentir la lecture, surtout dans les passages dominés par la réflexion.
- Le dispositif narratif repose fortement sur la parole d’Ora, ce qui laisse parfois moins de place à une progression dramatique directe.
Fiche technique
- Auteur
- David Grossman
- Éditeur
- Points
- Parution
- 2008
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 11,40 €
- ISBN
- 9782757883341
Par la rédaction de Livres et pensées.