
Un parfum à sentir / Passion et vertu
de Gustave Flaubert
3,5/5selon la rédaction
4/5 sur Amazon, 11 évaluations, relevé en septembre 2026
Un diptyque de jeunesse intéressant pour suivre la formation de Flaubert, mais moins abouti que ses œuvres majeures.
En bref
Ce volume réunit deux récits de jeunesse de Gustave Flaubert, « Un parfum à sentir » et « Passion et vertu ». Ils mettent en scène le désir, la passion et les tensions entre l’élan individuel et les normes morales, dans une écriture encore en formation.
À propos du livre
Ces deux textes donnent accès à un Flaubert antérieur à ses grandes œuvres. La passion y est envisagée comme une force qui met à l’épreuve les conventions sociales, la morale et les représentations de la vertu. Les récits ne possèdent pas encore la maîtrise ironique et la précision documentaire de Madame Bovary, mais ils font apparaître des préoccupations qui resteront centrales dans l’œuvre de l’écrivain : l’écart entre les aspirations romanesques et la réalité, ainsi que la difficulté de s’affranchir des rôles imposés.
L’intérêt du volume tient aussi à la comparaison entre les deux textes. Flaubert y expérimente des situations dramatiques, des portraits psychologiques et une langue volontiers lyrique, parfois marquée par les effets de la littérature romantique. Cette écriture peut sembler appuyée ou inégale, mais elle permet d’observer le travail d’un jeune auteur qui cherche encore son ton. La lecture gagne à prêter attention aux variations de rythme et au traitement des émotions plutôt qu’à attendre la sobriété stylistique du Flaubert confirmé.
Présentés par Claudine Gothot-Mersch, ces récits se lisent comme des documents littéraires autant que comme des histoires autonomes. Ils éclairent les débuts de Flaubert et les étapes par lesquelles son imaginaire s’est constitué avant les romans qui ont établi sa réputation. L’édition convient donc particulièrement à une lecture de parcours, en complément de Madame Bovary, de L’Éducation sentimentale ou des œuvres de jeunesse, plutôt qu’à une découverte isolée de l’écrivain.
La réputation de Flaubert repose surtout sur la rigueur de ses compositions et sur son travail de la phrase. Ce volume montre l’écrivain avant cette pleine maîtrise, avec ses influences visibles et ses élans parfois excessifs. Cette position liminaire fait sa valeur pour les lecteurs intéressés par la genèse d’une œuvre, mais explique aussi pourquoi ces textes peuvent paraître moins nécessaires à ceux qui cherchent d’abord l’aboutissement romanesque et stylistique de Flaubert.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de Flaubert qui souhaitent suivre la formation de son imaginaire et de son style avant ses romans majeurs.
- Les étudiants et amateurs de littérature du XIXe siècle intéressés par les textes de jeunesse et les tensions entre passion et morale.
- Les lecteurs qui apprécient les éditions courtes accompagnées d’une présentation permettant de replacer les textes dans une trajectoire d’auteur.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent la précision formelle et l’ironie pleinement maîtrisée de Madame Bovary risquent de trouver ces récits inégaux.
- Ceux qui recherchent une intrigue développée et autonome plutôt qu’un aperçu des débuts d’un écrivain peuvent rester à distance.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le volume met en regard deux textes de jeunesse qui éclairent les thèmes durables de Flaubert.
- Les récits montrent concrètement la transition entre une sensibilité romantique et une ambition littéraire plus personnelle.
- La présentation de Claudine Gothot-Mersch aide à situer ces œuvres dans le parcours de l’auteur.
Ce qui coince
- L’écriture, encore lyrique et parfois appuyée, manque de la maîtrise qui caractérisera les romans de maturité.
- La brièveté du volume limite le développement des personnages et des situations, ce qui peut donner une impression d’inachèvement.
Fiche technique
- Auteur
- Gustave Flaubert
- Éditeur
- Gallimard
- Parution
- 1837
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 2,00 €
- ISBN
- 9782070442720
Par la rédaction de Livres et pensées.