
Un enfant de la balle
de John Irving
3,5/5selon la rédaction
4/5 sur Amazon, 60 évaluations, relevé en septembre 2026
Un roman ample et baroque, qui mêle enquête criminelle, satire sociale et réflexion sur l’identité dans l’Inde contemporaine.
En bref
Le docteur Farrokh Daruwalla, chirurgien orthopédiste d’origine parsie installé au Canada, revient à Bombay, la ville de son enfance. Son séjour le conduit au cœur d’une enquête liée à plusieurs meurtres, tout en ravivant ses interrogations sur ses origines, la religion, la famille et les frontières de l’identité.
À propos du livre
John Irving installe son récit dans une Bombay traversée par de fortes tensions sociales, religieuses et culturelles. Le roman s’intéresse aux minorités, aux castes, aux appartenances et aux formes multiples de marginalité, sans réduire l’Inde à un simple décor exotique. L’enquête criminelle sert de fil conducteur à une réflexion plus large sur la manière dont une société classe les individus et fabrique des identités auxquelles ils ne se reconnaissent pas toujours.
La construction est volontairement foisonnante : intrigues parallèles, personnages nombreux, changements de perspective et retours sur le passé composent un récit qui refuse la ligne droite. Irving mêle le sérieux de l’enquête à une veine grotesque, parfois très sombre, où le corps, le spectacle et la difformité occupent une place importante. Cette abondance produit une véritable richesse romanesque, mais elle peut aussi ralentir la progression et donner au livre une impression de dispersion.
Dans l’œuvre de John Irving, ce roman prolonge l’attention portée aux familles atypiques, aux personnages en marge et aux identités instables. Il se distingue toutefois par son cadre indien et par une ambition documentaire plus marquée que dans ses romans les plus directement centrés sur l’Amérique. Sa réputation tient à cette ampleur, à son imagination et à son mélange de satire et de mélodrame, autant qu’elle suscite des réserves sur ses longueurs et ses excès.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les romans-fleuves construits autour d’une enquête, avec de nombreux personnages et des intrigues secondaires.
- Les lecteurs intéressés par les questions d’identité, de religion et de minorités dans la littérature américaine contemporaine.
- Les lecteurs d’Irving qui recherchent son goût des situations extravagantes, des familles atypiques et du grotesque social.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent un polar resserré et une résolution rapide risquent d’être déçus par l’ampleur et les détours du récit.
- Les lecteurs peu sensibles aux effets mélodramatiques et aux personnages volontairement excessifs pourront trouver l’ensemble trop chargé.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le roman articule enquête criminelle et analyse des appartenances sociales sans limiter l’intrigue à un simple suspense.
- La galerie de personnages rend concrètes les tensions entre religion, classe sociale, sexualité et identité.
- L’écriture combine réalisme documentaire, humour noir et imagination grotesque dans une forme romanesque très ample.
Ce qui coince
- La multiplication des intrigues et des digressions affaiblit parfois la tension policière.
- Certains personnages et certains effets comiques paraissent conçus pour l’excès, ce qui peut créer une distance avec le lecteur.
Fiche technique
- Auteur
- John Irving
- Éditeur
- Seuil
- Parution
- 1994
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 27,90 €
- ISBN
- 9782020206372
Par la rédaction de Livres et pensées.