Aller au contenu
Livres et pensées
Couverture de Uchronie[s] - New Byzance - Tome 01 : Ruines

Uchronie[s] - New Byzance - Tome 01 : Ruines

de Éric Corbeyran et Éric Chabbert

3,5/5selon la rédaction

4,5/5 sur Amazon, 9 évaluations, relevé en septembre 2026

Une uchronie de science-fiction efficace, portée par une dystopie politique claire, mais encore très introductive dans ce premier tome.

En bref

Dans un futur proche où l’islam est devenu la religion dominante, New Byzance vit sous un régime fondé sur les lois coraniques. Zachary, agent de la police politique, traque les opposants tout en étant hanté par des rêves qui semblent appartenir à une autre réalité. Le récit installe une société de contrôle et une énigme autour de ces visions.

À propos du livre

Ce premier volume explore une divergence historique radicale : l’équilibre politique et religieux du monde a basculé, donnant naissance à une société où la foi structure directement le pouvoir. L’intérêt de l’album tient moins à la seule inversion des rapports géopolitiques qu’à ses conséquences quotidiennes, visibles dans la surveillance, les interdits et la normalisation idéologique. La bande dessinée pose ainsi une question classique de l’uchronie : que devient la liberté individuelle lorsque l’ordre collectif prétend s’appuyer sur une vérité incontestable ?

La construction repose sur un double mouvement. D’un côté, Zachary participe au fonctionnement concret du régime et permet d’en comprendre les mécanismes. De l’autre, ses rêves introduisent une fêlure dans cette réalité apparemment cohérente. Ce dispositif donne au récit une dimension de thriller et installe progressivement le mystère. Le dessin d’Éric Chabbert privilégie une atmosphère urbaine dense, des décors futuristes lisibles et une mise en scène adaptée à la tension politique.

L’album appartient à un ensemble conçu pour décliner plusieurs futurs possibles à partir d’un même principe uchronique. Ce premier tome sert donc autant d’exposition à New Byzance que de lancement d’une intrigue plus vaste. Cette fonction explique une narration parfois rapide, qui présente beaucoup d’éléments sans les approfondir tous. En contrepartie, le lecteur dispose d’un cadre immédiatement identifiable et d’une question centrale suffisamment solide pour soutenir la suite, sans que l’album se réduise à un simple exercice de décor dystopique.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs de science-fiction politique qui apprécient les sociétés de contrôle et les récits fondés sur une divergence historique nette.
  • Les amateurs de bandes dessinées à suspense, prêts à accepter qu’un premier tome privilégie l’installation du monde et des enjeux.
  • Les lecteurs intéressés par les séries chorales ou les univers déclinés selon plusieurs réalités possibles.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent une intrigue entièrement résolue dès le premier album risquent de rester sur leur faim, car le volume ouvre plusieurs pistes.
  • Ceux qui attendent une analyse historique ou religieuse très approfondie trouveront surtout une dystopie de divertissement, centrée sur l’action et le mystère.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le cadre uchronique est exposé rapidement et rend concrètes les conséquences politiques de la divergence historique.
  • Le contraste entre le quotidien surveillé de Zachary et ses rêves fournit un moteur narratif clair.
  • Le dessin installe efficacement une métropole futuriste et une ambiance de contrôle social.

Ce qui coince

  • Le premier tome consacre une place importante à l’exposition, ce qui limite parfois la profondeur psychologique des personnages.
  • Certaines questions politiques sont posées de manière frontale et manquent encore de nuances dans ce volume introductif.

Fiche technique

Auteur
Éric Corbeyran et Éric Chabbert
Éditeur
Glénat
Parution
2008
Format
Numérique

Par la rédaction de Livres et pensées.