
Tromboline et Foulbazar : Le Cauchemar
de Claude Ponti
4/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 64 évaluations, relevé en septembre 2026
Un album bref et inventif qui transforme la peur nocturne en terrain de jeu pour l’imagination enfantine.
En bref
Tromboline et Foulbazar sont confrontés à un cauchemar, expérience inquiétante que Claude Ponti déplace peu à peu vers l’univers du jeu et de l’invention. L’album s’appuie sur des images foisonnantes, un humour décalé et une conception très personnelle des peurs enfantines.
À propos du livre
Le cauchemar n’est pas traité comme un simple épisode à effacer avant le retour au sommeil. Claude Ponti prend au sérieux l’intensité de cette expérience, tout en la rendant accessible par le décalage, la fantaisie et l’exagération. La peur devient ainsi un objet que l’enfant peut observer, nommer et apprivoiser. Le livre ne délivre pas une leçon psychologique explicite : il propose plutôt une représentation ludique de ce qui échappe habituellement au langage.
L’album repose sur l’articulation étroite entre le texte et les images. Les illustrations ne se contentent pas de répéter la situation racontée : elles multiplient les détails, les formes étranges et les associations visuelles qui donnent au cauchemar sa logique propre. Le vocabulaire de Ponti, précis et joueur, accompagne cette profusion sans la réduire. Cette lecture demande une attention active, car une partie du plaisir vient des éléments secondaires que l’enfant repère et interprète à son rythme.
Dans la série consacrée à Tromboline et Foulbazar, Claude Ponti explore les expériences ordinaires de l’enfance en leur donnant une dimension imaginaire. Le cauchemar s’inscrit pleinement dans cette démarche : un événement familier devient une aventure graphique et mentale, sans perdre sa charge émotionnelle. L’album constitue une bonne introduction à l’univers de Ponti, à condition d’accepter une narration moins explicative que suggestive, où le sens se construit aussi dans les images.
La force du livre tient à son équilibre entre inquiétude et comique. Ponti ne nie pas la peur, mais il refuse de la laisser occuper tout l’espace. Cette approche explique la place durable de l’album dans la littérature jeunesse : il offre aux jeunes lecteurs une forme de reconnaissance, tout en leur laissant une marge d’interprétation. Les adultes peuvent y apprécier la richesse visuelle et les jeux de langage, sans que l’album cesse pour autant de s’adresser d’abord aux enfants.
Pour qui
À lire si
- Les enfants qui connaissent les cauchemars et cherchent une représentation moins réaliste, plus drôle et plus imaginative de cette expérience.
- Les lecteurs qui aiment observer les illustrations et découvrir des détails ou des jeux de mots au fil des relectures.
- Les adultes à la recherche d’un album qui accompagne une peur enfantine sans la banaliser ni la dramatiser.
À éviter si
- Les lecteurs qui préfèrent des histoires très linéaires, avec une explication claire et une résolution immédiatement rassurante.
- Les enfants sensibles aux images foisonnantes ou aux représentations très libres de la peur peuvent trouver certaines scènes impressionnantes.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le livre transforme une peur familière en matière narrative et visuelle, sans nier l’émotion qu’elle provoque.
- Les illustrations proposent plusieurs niveaux de lecture grâce à leurs détails, leurs déformations et leurs associations inattendues.
- L’humour et les jeux de langage permettent de prendre de la distance avec le cauchemar sans le réduire à une simple plaisanterie.
Ce qui coince
- La logique très imagée de Claude Ponti peut dérouter les jeunes lecteurs qui attendent une intrigue explicite et progressive.
- L’univers graphique, volontairement foisonnant, peut accentuer l’inquiétude chez les enfants particulièrement sensibles aux images de cauchemar.
Fiche technique
- Auteur
- Claude Ponti
- Éditeur
- L’École des loisirs
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 7,00 €
- ISBN
- 9782211048675
Par la rédaction de Livres et pensées.