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Livres et pensées
Couverture de Très cher cinéma français

Très cher cinéma français

de Éric Neuhoff

3,5/5selon la rédaction

3,7/5 sur Amazon, 157 évaluations, relevé en septembre 2026

Un essai mordant et subjectif, stimulant par ses jugements, mais limité par une nostalgie parfois systématique.

En bref

Éric Neuhoff examine l’état du cinéma français contemporain et le compare à une tradition qu’il juge plus inventive, plus élégante et plus populaire. Entre critique culturelle, souvenirs de spectateur et réquisitoire, il interroge les évolutions du goût, de la production et de la réception des films.

À propos du livre

Le livre défend une certaine idée du cinéma français, fondée sur le style, le dialogue, le plaisir du récit et la présence des acteurs. Éric Neuhoff s’intéresse moins à une histoire exhaustive du septième art qu’à ce que les transformations récentes ont fait perdre, selon lui, à la production française. Son propos porte ainsi sur les films, mais aussi sur les conditions culturelles qui les rendent possibles et sur les attentes d’un public devenu plus difficile à satisfaire.

L’essai avance par remarques, portraits, souvenirs et jugements tranchés. Cette construction fragmentée donne au texte un rythme de chronique et permet à l’auteur de passer rapidement d’une réflexion générale à un exemple de mise en scène ou de carrière. Le style est vif, volontiers ironique, parfois provocateur. Neuhoff assume une subjectivité de critique, ce qui rend ses préférences lisibles, mais l’empêche aussi de toujours nuancer ses diagnostics.

Dans le paysage des essais consacrés au cinéma, Très cher cinéma français relève davantage du pamphlet amoureux que de l’étude universitaire. L’auteur ne cherche pas à établir une sociologie complète du secteur ni à proposer un programme de réforme. Il fait entendre la voix d’un cinéphile attaché à une certaine continuité esthétique et industrielle, en opposant régulièrement cette mémoire à des pratiques contemporaines qu’il estime appauvrissantes.

La réputation du livre tient à cette liberté de ton et à sa capacité à relancer des débats familiers sur le déclin, la modernisation ou la définition même du cinéma français. Les lecteurs qui partagent les références et la sensibilité de Neuhoff y trouveront des formules stimulantes. Les autres pourront juger l’argumentation répétitive, car la nostalgie constitue à la fois son moteur critique et sa principale faiblesse.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui apprécient les essais de cinéma écrits sur un ton personnel, polémique et accessible.
  • Les cinéphiles intéressés par les débats sur l’évolution du cinéma français et sur la transmission d’une culture cinématographique.
  • Les lecteurs qui aiment confronter leur propre jugement à celui d’un critique aux préférences nettement affirmées.

À éviter si

  • Les lecteurs qui cherchent une histoire documentée et équilibrée du cinéma français, car l’essai privilégie le point de vue et le souvenir.
  • Ceux qui se méfient des discours nostalgiques sur le déclin culturel risquent de trouver les comparaisons trop univoques.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le style de chronique rend les réflexions sur le cinéma immédiatement lisibles et souvent incisives.
  • Les préférences de l’auteur sont clairement assumées, ce qui donne au texte une véritable voix critique.
  • L’essai relie les choix esthétiques des films à des questions plus larges de goût, de production et de réception.

Ce qui coince

  • La nostalgie oriente fortement le diagnostic et réduit parfois la complexité des évolutions du cinéma français.
  • La construction par fragments favorise les formules et les associations d’idées, au détriment d’une démonstration suivie.

Fiche technique

Auteur
Éric Neuhoff
Éditeur
Albin Michel
Parution
2019
Format
Broché
Prix éditeur
14,00 €
ISBN
9782226445520

Par la rédaction de Livres et pensées.