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Livres et pensées
Couverture de Tous les hommes en sont fous

Tous les hommes en sont fous

de Jean d'Ormesson

3,5/5selon la rédaction

4,1/5 sur Amazon, 71 évaluations, relevé en septembre 2026

Une fresque familiale et historique ample, portée par une écriture élégante, mais parfois plus séduite par son propre charme que par ses personnages.

En bref

Deuxième volet d’une vaste trilogie romanesque, le livre poursuit la chronique d’une famille confrontée aux soubresauts du XXe siècle. Jean d’Ormesson y mêle histoires privées, diplomatie, politique et méditation sur le temps, dans un récit où la mémoire individuelle dialogue avec la grande Histoire.

À propos du livre

Le roman s’intéresse moins à un destin isolé qu’à la circulation des héritages, des convictions et des illusions au sein d’une famille et de son entourage. Les personnages évoluent dans un monde où les positions sociales, les ambitions politiques et les bouleversements historiques modifient constamment les rapports de force. La guerre, la diplomatie et les changements de société forment l’arrière-plan d’une réflexion sur la permanence des êtres, la fragilité des pouvoirs et la difficulté de comprendre son époque.

La construction privilégie l’ampleur d’une chronique familiale plutôt que la tension d’une intrigue resserrée. D’Ormesson avance par épisodes, portraits, souvenirs et commentaires, avec une voix qui prend volontiers de la hauteur pour relier les événements privés aux mouvements du siècle. Son style repose sur la clarté de la phrase, l’ironie mondaine, les formules mémorables et une élégance de conversation. Cette manière donne au livre son unité, mais peut aussi ralentir la progression narrative.

Le roman occupe une place centrale dans la trilogie formée avec « Le Vent du soir » et « Le Bonheur à San Miniato ». Il se lit donc avec un intérêt particulier pour les lecteurs sensibles aux cycles familiaux et aux récits qui embrassent plusieurs générations. Comme dans une partie importante de l’œuvre de d’Ormesson, l’Histoire n’est pas traitée comme une simple succession de faits : elle devient une matière romanesque, interprétée par une conscience cultivée, mobile et volontiers sceptique.

La réputation du livre tient à cette combinaison entre saga, réflexion historique et plaisir du récit. D’Ormesson y propose une littérature de transmission, accessible par son ton et son sens de la formule, tout en conservant une ambition de fresque. Cette ampleur constitue à la fois sa force et sa limite : elle permet de faire sentir la durée et la complexité du monde, mais laisse parfois les caractères dans une lumière plus intellectuelle qu’intime.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui apprécient les sagas familiales traversées par les grands événements du XXe siècle y trouveront une construction ample et une vraie continuité romanesque.
  • Les amateurs de Jean d’Ormesson apprécieront son style clair, ironique et méditatif, ainsi que son goût pour les conversations d’idées et les récits de mémoire.
  • Les lecteurs intéressés par une littérature historique plus réflexive que documentaire pourront y chercher une interprétation personnelle du passage du temps.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent une intrigue rapide et fortement dramatique risquent de trouver le récit trop sinueux et trop dépendant des digressions.
  • Ceux qui recherchent des personnages décrits avec une grande intensité psychologique peuvent rester à distance d’une narration souvent dominée par le commentaire et la réflexion.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le roman articule avec fluidité les destinées familiales et les bouleversements historiques.
  • La prose, précise et élégante, associe clarté narrative, ironie et méditation sur le temps.
  • La construction en chronique donne une réelle profondeur aux héritages et aux transformations du monde décrit.

Ce qui coince

  • L’ampleur de la fresque entraîne des développements et des digressions qui affaiblissent parfois le rythme.
  • Les personnages sont souvent observés à travers une voix intellectuelle et spirituelle, ce qui limite par moments la proximité émotionnelle.

Fiche technique

Auteur
Jean d'Ormesson
Parution
1985
Format
Numérique

Par la rédaction de Livres et pensées.