
Thorgal, tome 36 : Aniel
de Yann et Grzegorz Rosiński
3,5/5selon la rédaction
4,5/5 sur Amazon, 319 évaluations, relevé en septembre 2026
Un épisode de transition et de conclusion, porté par le dessin de Rosiński, mais pénalisé par une intrigue dense et parfois confuse.
En bref
Thorgal poursuit sa quête pour protéger et ramener son fils Aniel, dont la situation met en péril l’équilibre de toute la famille. L’aventure entraîne les personnages dans un univers marqué par les tensions politiques, les croyances et les dangers de l’Orient médiéval.
À propos du livre
Aniel prolonge l’intrigue engagée dans les albums précédents autour du fils de Thorgal et de son héritage singulier. Le récit élargit l’horizon habituel de la série, en faisant coexister l’aventure familiale, les enjeux de pouvoir et une dimension presque mythologique. La question centrale reste celle de la filiation, mais elle est traitée à travers des conflits collectifs qui donnent à la quête personnelle de Thorgal une portée plus vaste.
La construction repose sur une succession de déplacements, de poursuites et de révélations, avec un rythme soutenu qui laisse peu de place aux scènes intimistes. Cette densité convient à l’ampleur feuilletonnante de Thorgal, mais elle peut aussi rendre les motivations et les alliances difficiles à suivre, surtout pour un lecteur éloigné des tomes précédents. Le dessin de Grzegorz Rosiński conserve sa puissance dans les décors, les costumes et les scènes d’action, tout en donnant au récit une tonalité plus sombre.
L’album occupe une place particulière dans la série puisqu’il clôt un important ensemble narratif consacré à Aniel et constitue le dernier épisode dessiné par Rosiński. Cette position lui donne une valeur de passage, entre la continuité d’une saga installée et l’ouverture d’une nouvelle période créative. Il s’adresse donc davantage aux lecteurs qui suivent l’évolution de Thorgal sur le long terme qu’à ceux qui cherchent une aventure indépendante.
La réputation de l’album repose surtout sur la fidélité de son univers graphique et sur son rôle dans la trajectoire générale de la série. En revanche, sa lisibilité pâtit d’une intrigue chargée, nourrie par plusieurs fils narratifs et par des références aux épisodes antérieurs. Il fonctionne mieux comme pièce d’un cycle que comme porte d’entrée, et son intérêt tient autant à sa place dans l’histoire de Thorgal qu’à ses qualités propres.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui suivent Thorgal depuis plusieurs albums et veulent connaître l’aboutissement de l’intrigue consacrée à Aniel.
- Les amateurs de bande dessinée d’aventure qui apprécient les récits mêlant mythologie, conflits politiques et grands décors historiques.
- Les lecteurs sensibles au dessin de Rosiński et intéressés par le dernier album qu’il a illustré pour la série.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une aventure autonome, car l’album s’appuie fortement sur les événements des tomes précédents.
- Ceux qui préfèrent les intrigues simples et immédiatement lisibles risquent de se perdre dans la succession des enjeux et des personnages.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dessin de Rosiński donne une forte identité visuelle aux paysages, aux costumes et aux scènes d’affrontement.
- L’album développe la question de la filiation en l’inscrivant dans une aventure aux dimensions politiques et mythologiques.
- Sa place dans la série lui confère une véritable importance pour comprendre l’évolution récente de Thorgal.
Ce qui coince
- La densité de l’intrigue rend certaines motivations et certains rapports de force difficiles à saisir sans connaître les tomes précédents.
- Le récit privilégie la progression du cycle et les péripéties au détriment d’un approfondissement des personnages secondaires.
Fiche technique
- Auteur
- Yann et Grzegorz Rosiński
- Éditeur
- Le Lombard
- Parution
- 2018
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 13,95 €
- ISBN
- 9782803672172
Par la rédaction de Livres et pensées.