
Spider-Man : Un jour de plus
de Joe Quesada
2,5/5selon la rédaction
Un récit charnière, graphiquement solide, mais dont le choix scénaristique divise et affaiblit la continuité de Spider-Man.
En bref
Alors que tante May est grièvement blessée, Peter Parker cherche désespérément un moyen de la sauver. Une proposition surnaturelle l’oblige à remettre en question les choix qui ont façonné sa vie et son couple avec Mary Jane.
À propos du livre
Un jour de plus s’appuie sur une situation de crise très intime pour déplacer Spider-Man vers un registre plus sombre et fantastique. Le récit confronte Peter à une question morale simple dans sa formulation, mais lourde de conséquences : jusqu’où peut-il aller pour sauver un proche ? Cette tension donne au personnage une dimension vulnérable, tout en faisant intervenir des forces qui dépassent le cadre habituel du super-héros new-yorkais.
La construction est volontairement resserrée autour de quelques moments décisifs, avec une place importante accordée aux échanges entre Peter, Mary Jane et les figures surnaturelles du récit. Joe Quesada privilégie une mise en scène spectaculaire, faite de contrastes marqués, de poses iconiques et d’images conçues pour donner une portée mythique au conflit. Le résultat est lisible et visuellement maîtrisé, mais parfois plus démonstratif que subtil.
L’album occupe une place particulière dans l’histoire éditoriale de Spider-Man, car il sert de point de bascule pour le personnage et sa continuité. Il ne se contente pas de raconter une aventure supplémentaire : il remet en cause un élément majeur de la vie de Peter Parker. Cette ambition explique à la fois son importance et les réserves qu’il suscite, notamment chez les lecteurs attachés à l’évolution antérieure du héros.
La réputation de l’album tient donc moins à l’unanimité de son accueil qu’à la controverse provoquée par ses choix. Le récit possède une efficacité dramatique réelle et une identité graphique forte, mais son principe central peut donner l’impression d’une solution éditoriale imposée plutôt que d’une conséquence naturelle du parcours du personnage. Il se lit surtout comme un épisode de rupture, important pour comprendre une période de Spider-Man, plus que comme une histoire autonome pleinement satisfaisante.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui veulent comprendre un tournant majeur de la continuité moderne de Spider-Man y trouveront un récit directement lié à l’évolution éditoriale du héros.
- Les amateurs de comics de super-héros mêlant drame familial, dilemme moral et intervention surnaturelle apprécieront son dispositif resserré.
- Les lecteurs sensibles au dessin spectaculaire et aux compositions très iconiques pourront y trouver une lecture visuellement marquante.
À éviter si
- Les lecteurs attachés à la continuité et à la progression du couple Peter Parker et Mary Jane risquent de rejeter le choix narratif central.
- Ceux qui recherchent une intrigue autonome, éloignée des décisions éditoriales de longue portée, peuvent trouver l’album trop dépendant de son contexte.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dilemme moral de Peter donne au récit une tension claire et compréhensible.
- La mise en scène de Joe Quesada privilégie des images fortes et immédiatement lisibles.
- L’album assume une fonction de rupture qui en fait un jalon identifiable de l’histoire de Spider-Man.
Ce qui coince
- Le choix central peut sembler artificiel et réduire la portée des évolutions précédentes du personnage.
- Le symbolisme et le spectaculaire prennent parfois le pas sur la finesse psychologique des échanges.
Fiche technique
- Auteur
- Joe Quesada
- Parution
- 2007
- Format
- Relié
Par la rédaction de Livres et pensées.