
Souvenirs des montagnes au loin
de Orhan Pamuk
4/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 7 évaluations, relevé en septembre 2026
Un livre hybride et très personnel, à conseiller aux lecteurs intéressés par le rapport entre dessin, mémoire, littérature et identité.
En bref
Orhan Pamuk rassemble dans ce livre des pages issues de ses carnets, accompagnées de dessins, de peintures et de notes personnelles. Il y évoque Istanbul, ses souvenirs, la littérature, le geste de créer et les paysages intérieurs qui nourrissent son œuvre. L’ensemble tient à la fois du journal intime, de l’album d’artiste et de l’essai sur la création. La forme fragmentaire privilégie les associations, les reprises et les impressions plutôt qu’un récit suivi.
À propos du livre
Le sujet central n’est pas une intrigue, mais le mouvement de la mémoire. Pamuk observe la manière dont des lieux, des images et des scènes quotidiennes deviennent une matière littéraire. Istanbul y occupe une place importante, non comme simple décor, mais comme espace affectif et historique, constamment reconstruit par le souvenir. Les pages font aussi apparaître les tensions entre l’intime et le collectif, entre l’expérience vécue et sa transformation en œuvre.
La construction repose sur la juxtaposition de textes courts, de dessins et de reproductions de carnets. Cette composition donne au livre un rythme discontinu, proche de la pensée lorsqu’elle revient sur une image ou bifurque vers une réflexion. Le lecteur doit accepter de ne pas suivre une démonstration linéaire. La relation entre les mots et les images constitue l’un des intérêts majeurs de l’ouvrage, sans que les dessins se réduisent à une illustration du texte.
Le livre éclaire la continuité entre les préoccupations de Pamuk romancier et sa pratique du carnet. On y retrouve son intérêt pour les villes, les traces du passé, les identités instables et les frontières entre réalité et représentation. Cette œuvre se situe ainsi à la croisée de l’autobiographie, de l’essai et du livre d’artiste. Elle intéressera particulièrement les lecteurs qui souhaitent comprendre les sources visuelles et personnelles de son imaginaire, davantage que ceux qui attendent un nouveau roman.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs d’Orhan Pamuk qui veulent découvrir ses réflexions sur l’écriture, le dessin et les matériaux personnels de son œuvre.
- Les amateurs de carnets d’artistes et de livres mêlant textes, images, souvenirs et méditation sur la création.
- Les lecteurs attirés par Istanbul comme lieu de mémoire, de transformation urbaine et d’identité culturelle.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue romanesque continue ou des personnages construits comme dans ses romans.
- Les lecteurs peu sensibles aux formes fragmentaires, aux digressions et à la coexistence du texte et de l’image.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’association étroite des dessins et des textes donne une forme concrète aux réflexions de l’auteur sur la mémoire et la création.
- La forme fragmentaire restitue avec justesse les détours et les reprises propres au travail du souvenir.
- Le livre prolonge plusieurs thèmes de l’œuvre de Pamuk, notamment Istanbul, l’identité et le rapport entre réalité et représentation.
Ce qui coince
- La juxtaposition des fragments peut produire une impression d’inégalité et demande une lecture peu pressée.
- La forte dimension autobiographique et réflexive laisse moins de place à la tension narrative attendue par les lecteurs de ses romans.
Fiche technique
- Auteur
- Orhan Pamuk
- Éditeur
- Gallimard
- Parution
- 2022
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 39,50 €
- ISBN
- 9782072906633
Par la rédaction de Livres et pensées.