
Robert Doisneau : Palm Springs 1960
de Jean-Paul Dubois
4/5selon la rédaction
4,1/5 sur Amazon, 31 évaluations, relevé en septembre 2026
Un livre de photographie singulier, qui montre Doisneau loin de Paris et interroge le regard porté sur l’Amérique moderne.
En bref
En 1960, Robert Doisneau photographie Palm Springs, ville californienne modelée par le désert, l’architecture moderne et les loisirs. Jean-Paul Dubois accompagne ces images d’un texte qui restitue l’étrangeté de ce territoire américain. L’ouvrage propose un autre visage du photographe, plus attentif aux paysages, aux constructions et aux signes d’une société prospère qu’aux scènes populaires parisiennes. Le ton associe observation documentaire, distance critique et goût du détail.
À propos du livre
Palm Springs apparaît ici comme un espace construit de toutes pièces, où la nature désertique sert de décor à une société tournée vers le confort, le sport et la villégiature. Les photographies observent les maisons, les piscines, les terrains de golf, les routes et les silhouettes humaines avec une attention égale. Le sujet dépasse donc le simple reportage de voyage : il met en regard un paysage naturel et un univers social entièrement organisé pour les loisirs.
Le livre est particulièrement intéressant par son usage de la couleur, inhabituelle dans l’image que l’on associe spontanément à Doisneau. Cette palette ne cherche pas seulement l’exotisme : elle enregistre la lumière californienne, les teintes des bâtiments et l’artificialité assumée du décor. Le texte de Jean-Paul Dubois accompagne les images avec une écriture à la fois narrative et ironique, qui évite de transformer le reportage en commentaire touristique.
Dans l’œuvre de Doisneau, cette série occupe une place à part. Elle éloigne le photographe de Paris et de la chronique des rues populaires, sans renoncer à son attention aux comportements et aux détails révélateurs. Le contraste entre cette destination américaine et son univers habituel permet de mesurer l’étendue de son regard : l’humanisme photographique ne se limite pas à un lieu ni à un type de sujet.
La réputation du livre tient aussi à cette découverte d’un Doisneau moins attendu, confronté à l’architecture moderne et à une Amérique aisée, géométrique et spectaculaire. L’intérêt de l’édition réside dans la cohérence entre les images et le texte, plutôt que dans une démonstration historique très développée. Il faut l’aborder comme un livre de photographie commenté, où l’atmosphère, les formes et les signes sociaux comptent davantage qu’un récit continu.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs intéressés par Robert Doisneau qui souhaitent découvrir une série éloignée de ses scènes parisiennes les plus connues.
- Les amateurs de photographie documentaire, d’architecture moderne et de représentations critiques de la société américaine.
- Les lecteurs sensibles aux livres d’images accompagnés d’un texte littéraire plutôt qu’à une monographie strictement technique.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une biographie complète de Doisneau ou une analyse exhaustive de l’ensemble de son œuvre.
- Ceux qui recherchent un récit construit avec une intrigue, car le livre repose avant tout sur la succession des images et l’observation d’un lieu.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La série révèle un usage de la couleur et un registre documentaire moins familiers chez Doisneau.
- Les images font de Palm Springs un sujet social et architectural, pas un simple décor de voyage.
- Le texte de Jean-Paul Dubois apporte une distance ironique qui complète les photographies sans les réduire à une légende.
Ce qui coince
- La place accordée aux images laisse peu de matière à une étude historique approfondie du contexte de la série.
- La vision de Palm Springs reste celle d’un observateur de passage, ce qui peut frustrer les lecteurs qui attendent une enquête locale plus documentée.
Fiche technique
- Auteur
- Jean-Paul Dubois
- Éditeur
- Flammarion
- Parution
- 2008
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 30,00 €
- ISBN
- 9782080301291
Par la rédaction de Livres et pensées.