
Riquet à la houppe
de Amélie Nothomb
3,5/5selon la rédaction
4,1/5 sur Amazon, 925 évaluations, relevé en septembre 2026
Une fable ironique sur la beauté, l’intelligence et le regard des autres, portée par une écriture vive mais parfois démonstrative.
En bref
Amélie Nothomb revisite le conte de Charles Perrault en faisant se rencontrer Déodat, garçon très laid mais doté d’une intelligence précoce, et Trémière, jeune fille d’une grande beauté dont les capacités intellectuelles sont limitées. Leur histoire permet au roman d’examiner les rapports entre apparence, jugement social et singularité, dans un registre à la fois satirique et sentimental.
À propos du livre
Le roman déplace le merveilleux du conte vers une réflexion sur les normes auxquelles chacun est soumis. La beauté y fonctionne comme un avantage social autant que comme une prison, tandis que l’intelligence ne garantit ni l’intégration ni le bonheur. Nothomb s’intéresse moins à la psychologie réaliste de ses personnages qu’aux idées qu’ils incarnent, ce qui donne à l’ensemble une dimension de fable. Cette approche rend les enjeux immédiatement lisibles, mais elle laisse parfois les personnages secondaires dans une fonction surtout illustrative.
La construction repose sur un parallèle entre deux enfances et deux formes de décalage. Le récit avance avec des chapitres courts, des dialogues rapides et une langue volontairement nette, qui privilégie la formule et le contraste. L’ironie vient souvent du décalage entre la gravité des questions posées et la simplicité presque géométrique des situations. Cette efficacité narrative correspond bien au projet de conte moderne, même si certaines réparties semblent conçues pour produire une idée plus que pour restituer une conversation naturelle.
Publié en 2016, Riquet à la houppe s’inscrit dans l’intérêt d’Amélie Nothomb pour les récits brefs, les personnages hors norme et les dispositifs littéraires fondés sur une contrainte. La réécriture de Perrault lui fournit une structure connue, qu’elle détourne sans chercher à effacer son origine. Le livre peut ainsi se lire comme un roman autonome ou comme une variation contemporaine sur un conte moral. Sa réputation tient notamment à cette alliance entre accessibilité, étrangeté et réflexion sur les apparences, avec une part assumée de stylisation.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les réécritures de contes et les romans construits autour d’une idée clairement identifiable y trouveront une variation lisible et cohérente.
- Les amateurs d’Amélie Nothomb retrouveront ses dialogues incisifs, ses personnages singuliers et son goût pour les situations symboliques.
- Les lecteurs intéressés par les normes de beauté et le regard social apprécieront la manière dont le roman transforme ces questions en fable.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une psychologie très développée ou des personnages ambigus risquent de trouver le propos trop démonstratif.
- Ceux qui préfèrent les contes profondément merveilleux pourront rester à distance d’une réécriture surtout intellectuelle et satirique.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le parallèle entre beauté et intelligence structure efficacement la réflexion sur le jugement social.
- Les chapitres courts et les dialogues resserrés donnent au récit un rythme régulier et une lecture accessible.
- L’écriture associe ironie, simplicité apparente et formules qui prolongent la logique du conte.
Ce qui coince
- Les personnages sont parfois davantage des figures au service d’une thèse que des individus pleinement nuancés.
- La démonstration sur les apparences peut devenir prévisible, surtout lorsque les dialogues soulignent explicitement le sens des situations.
Fiche technique
- Auteur
- Amélie Nothomb
- Éditeur
- Le Livre de Poche
- Parution
- 2016
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 7,90 €
- ISBN
- 9782253073673
Par la rédaction de Livres et pensées.