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Livres et pensées
Couverture de Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent..., suivi de Kiki van Beethoven

Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent..., suivi de Kiki van Beethoven

de Éric-Emmanuel Schmitt

3,5/5selon la rédaction

4,2/5 sur Amazon, 51 évaluations, relevé en septembre 2026

Deux pièces accessibles qui utilisent Beethoven pour interroger la musique, la mémoire et les relations humaines, avec une efficacité parfois appuyée.

En bref

Ce volume réunit deux textes dramatiques d’Éric-Emmanuel Schmitt, centrés sur la figure de Beethoven et sur les effets de la musique dans la vie intime. Le premier privilégie la confrontation et l’ironie, tandis que Kiki van Beethoven développe une réflexion plus sensible sur les souvenirs, les blessures et la capacité de l’art à transformer un regard.

À propos du livre

La musique n’est pas ici un simple décor culturel. Elle devient un révélateur des rapports de pouvoir, des rancœurs et des fragilités que les personnages cherchent habituellement à dissimuler. Beethoven sert à la fois de présence tutélaire et de point de friction, permettant à Schmitt d’opposer la grandeur d’une œuvre à la petitesse de certains comportements. Le propos reste volontairement lisible, avec une attention portée aux émotions immédiates plutôt qu’à une analyse savante de la musique.

La construction relève pleinement du théâtre : les idées passent par les dialogues, les affrontements et les variations de ton. Schmitt sait installer rapidement une situation, faire circuler une information ou retourner une relation en quelques répliques. Cette efficacité a son revers, car les personnages et les conflits sont parfois conçus pour servir une démonstration. L’ironie allège les passages les plus explicatifs, sans toujours empêcher une certaine insistance morale.

Kiki van Beethoven occupe une place particulière dans l’œuvre de Schmitt, souvent attachée aux liens entre philosophie, art et expérience personnelle. La pièce s’inscrit dans son intérêt récurrent pour les œuvres capables de modifier une existence, en privilégiant la transmission et l’émotion à l’érudition. Le volume peut ainsi se lire comme une porte d’entrée vers Beethoven pour des lecteurs peu familiers de la musique classique, plutôt que comme une étude de son œuvre.

La réputation de ces textes tient surtout à leur accessibilité scénique et à leur capacité à faire naître une réflexion à partir de situations concrètes. Ils proposent un théâtre d’idées souple, qui alterne humour, mélodrame et méditation sur l’art. Les lecteurs sensibles à cette alliance y trouveront une lecture fluide et humaine. Ceux qui attendent une dramaturgie plus ambiguë ou une exploration plus approfondie de Beethoven pourront juger les conclusions trop nettement orientées.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui aiment le théâtre contemporain fondé sur des dialogues clairs, des situations accessibles et une réflexion sur l’art.
  • Les amateurs de Beethoven qui souhaitent une approche littéraire et émotionnelle de sa musique, sans entrer dans l’analyse musicologique.
  • Les lecteurs intéressés par les récits où la mémoire et les relations humaines sont modifiées par une rencontre avec une œuvre artistique.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent une dramaturgie très expérimentale, des personnages longuement développés ou une grande ambiguïté morale risquent de trouver l’ensemble trop démonstratif.
  • Les lecteurs qui attendent une véritable biographie de Beethoven ou une analyse technique de sa musique n’y trouveront pas leur compte.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Les dialogues rendent immédiatement perceptibles les tensions entre les personnages et maintiennent une lecture fluide.
  • La musique de Beethoven est utilisée comme un véritable moteur dramatique, capable de révéler les fragilités et les contradictions.
  • L’alternance entre humour, émotion et réflexion rend les textes accessibles sans les réduire à un simple divertissement.

Ce qui coince

  • Les personnages servent parfois trop visiblement les idées de l’auteur, ce qui limite leur complexité psychologique.
  • La portée morale de certaines scènes est soulignée avec insistance, au risque de laisser peu de place à l’interprétation du lecteur.

Fiche technique

Auteur
Éric-Emmanuel Schmitt
Éditeur
Albin Michel
Parution
2010
Format
Relié
Prix éditeur
23,20 €
ISBN
9782226215208

Par la rédaction de Livres et pensées.