
Premier bilan après l'apocalypse ; Dernier inventaire avant liquidation
de Frédéric Beigbeder
3,5/5selon la rédaction
5/5 sur Amazon, 1 évaluations, relevé en septembre 2026
Un diptyque d’inventaires littéraires et personnels, stimulant par ses rapprochements, mais inégal dans son goût de la formule.
En bref
Ce coffret réunit deux essais où Frédéric Beigbeder se livre à des inventaires de lectures, de références culturelles et de convictions personnelles. Dernier inventaire avant liquidation propose un classement commenté de grandes œuvres du XXe siècle, tandis que Premier bilan après l'apocalypse élargit la réflexion à la culture et à l'époque contemporaine.
À propos du livre
Dans Dernier inventaire avant liquidation, Frédéric Beigbeder aborde la littérature par le classement et la discussion de livres marquants. L’exercice lui permet de défendre des préférences, de contester certaines réputations et de faire circuler le lecteur entre les œuvres consacrées et ses propres affinités. Le livre ne cherche pas à établir une histoire objective de la littérature : il assume une approche subjective, conversationnelle et polémique, qui vaut surtout par les rapprochements proposés et par l’envie de relire ou de découvrir les titres évoqués.
Premier bilan après l'apocalypse poursuit cette logique d’inventaire sur un terrain plus large. Beigbeder y observe son époque à travers les livres, les images, les figures médiatiques et les habitudes culturelles qui la composent. Le propos mêle commentaires critiques, souvenirs et formules personnelles. Cette liberté donne au texte une tonalité immédiatement reconnaissable, mais elle produit aussi une construction discontinue : les idées avancent par éclats, selon les associations de l’auteur plutôt que dans une démonstration suivie.
Le point commun entre les deux volumes est une conception très personnelle de la critique. Beigbeder ne sépare pas nettement le jugement sur une œuvre de l’effet qu’elle produit sur une vie, une génération ou une sensibilité. Son écriture privilégie la vitesse, l’ironie et la citation, avec une attention constante aux mécanismes de la réputation culturelle. Ce dispositif rend les essais accessibles aux lecteurs peu familiers de la critique universitaire, tout en laissant parfois les analyses moins approfondies que les provocations qui les introduisent.
Le coffret intéressera surtout les lecteurs qui aiment les listes commentées, les panoramas subjectifs et les discussions de goût. Il constitue aussi un bon accès à la dimension d’essayiste de Beigbeder, souvent éclipsée par sa production romanesque. En revanche, il faut accepter une pensée volontiers impressionniste, des jugements qui peuvent sembler rapides et une forte présence de l’auteur. La réputation de ces ouvrages tient moins à une méthode critique rigoureuse qu’à leur manière de transformer la lecture en conversation vive, personnelle et parfois contestable.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment les palmarès littéraires et les discussions subjectives autour des œuvres canoniques.
- Les amateurs de Frédéric Beigbeder qui souhaitent retrouver son ton dans des textes davantage tournés vers la critique culturelle.
- Les lecteurs qui cherchent une entrée accessible dans un ensemble de références littéraires et culturelles du XXe siècle.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une histoire littéraire méthodique, exhaustive et détachée des préférences de l’auteur.
- Ceux qui supportent mal les formules provocatrices, les digressions et les jugements parfois rapides.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Les deux volumes rendent les références littéraires accessibles grâce à une écriture directe et à des commentaires souvent personnels.
- Le classement et l’inventaire servent de structures lisibles pour faire dialoguer œuvres, époque et expérience individuelle.
- Le style associe ironie, culture et sens de la formule sans adopter le ton universitaire de la critique classique.
Ce qui coince
- La subjectivité revendiquée conduit parfois à des analyses plus suggestives que véritablement argumentées.
- La construction fragmentaire et le goût de la provocation peuvent donner une impression d’inégalité d’un texte à l’autre.
Fiche technique
- Auteur
- Frédéric Beigbeder
- Parution
- 2011
- Format
- Broché
Par la rédaction de Livres et pensées.