
Petit Vampire, tome 2 : Fait du kung-fu
de Joann Sfar
4/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 112 évaluations, relevé en septembre 2026
Une bande dessinée jeunesse inventive, drôle et macabre, portée par le dessin libre de Sfar, mais parfois plus fantaisiste que construite.
En bref
Petit Vampire poursuit ses aventures dans un univers où les créatures fantastiques côtoient les préoccupations très concrètes de l’enfance. Le kung-fu devient le fil conducteur d’un récit fait de rencontres, de péripéties et d’humour noir, sans renoncer à une certaine mélancolie.
À propos du livre
Joann Sfar détourne ici les codes du récit de vampires et du film d’arts martiaux pour parler de l’enfance, de la peur et du désir de trouver sa place. Les monstres ne sont pas seulement des figures inquiétantes : ils forment une communauté étrange, souvent plus chaleureuse que le monde des adultes. Cette coexistence entre le macabre et le quotidien donne à l’album son ton particulier, accessible aux jeunes lecteurs sans se réduire à une aventure convenue.
La construction privilégie les épisodes, les gags et les changements rapides de registre plutôt qu’une intrigue fortement resserrée. Le récit avance par associations d’idées, avec une logique proche de celle des contes et des jeux d’enfants. Le dessin de Sfar, nerveux et expressif, accentue cette impression de mouvement permanent. Les décors restent parfois sommaires, mais les attitudes, les regards et les silhouettes donnent aux personnages une présence immédiate.
Cet album s’inscrit dans une veine importante de l’œuvre de Sfar : celle d’un fantastique peuplé de créatures bavardes, où l’humour sert à apprivoiser l’angoisse. Petit Vampire y apparaît comme une série plus libre et plus enfantine que ses récits destinés aux adultes, tout en conservant un goût pour les ambiguïtés morales et les personnages cabossés. Le tome peut se lire indépendamment, mais il gagne à être replacé dans la continuité des relations installées par la série.
La réputation de Petit Vampire tient notamment à cet équilibre entre lecture d’aventure et sous-texte plus inquiet. L’album ne cherche pas à tout expliquer ni à rendre son univers parfaitement cohérent, ce qui fait partie de son charme mais peut aussi dérouter. Les lecteurs sensibles à la fantaisie graphique et aux récits qui acceptent l’absurde y trouveront une vraie singularité. Ceux qui attendent une progression narrative classique risquent davantage de rester à distance.
Pour qui
À lire si
- Les jeunes lecteurs qui aiment les monstres, l’humour décalé et les aventures où le merveilleux surgit dans la vie quotidienne.
- Les lecteurs de bandes dessinées attirés par le trait expressif de Joann Sfar et par les récits qui mêlent tendresse, inquiétude et absurdité.
- Les adultes qui souhaitent partager avec un enfant une lecture fantastique offrant plusieurs niveaux de lecture.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue très structurée, avec une progression régulière et des enjeux longuement développés.
- Les enfants qui préfèrent un fantastique rassurant et linéaire, car l’univers de Sfar reste parfois sombre, étrange et volontairement imprévisible.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le mélange cohérent entre humour enfantin, figures de l’horreur et observation des émotions.
- Un dessin immédiatement lisible, fondé sur l’expressivité des personnages plutôt que sur le réalisme des décors.
- Une tonalité singulière, capable d’aborder la peur et la solitude sans alourdir le récit.
Ce qui coince
- La narration par épisodes donne parfois une impression de dispersion et réduit la portée de certaines péripéties.
- L’univers accepte l’incohérence et l’ellipse, ce qui peut frustrer les lecteurs qui attendent des explications ou une mécanique d’aventure plus rigoureuse.
Fiche technique
- Auteur
- Joann Sfar
- Éditeur
- Delcourt
- Parution
- 2000
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 10,50 €
- ISBN
- 9782840554912
Par la rédaction de Livres et pensées.