
On Mars, tome 3 : Ceux qui restent
de Sylvain Runberg et Grun
4/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 101 évaluations, relevé en septembre 2026
Une conclusion de science-fiction sociale qui privilégie les tensions collectives et politiques à l’action spectaculaire.
En bref
Sur une Mars colonisée, les rapports de force entre les différentes communautés se sont durcis. Alors que les événements prennent une ampleur décisive, ceux qui restent doivent composer avec les conséquences des choix et des luttes précédentes. Ce troisième volume achève le cycle imaginé par Sylvain Runberg et Grun, dans un registre de science-fiction dystopique marqué par les inégalités sociales, la survie et la conflictualité politique.
À propos du livre
La série utilise la colonisation de Mars comme un cadre pour prolonger des problèmes très terrestres : répartition des ressources, domination économique, ségrégation et contrôle des populations. Ce dernier tome s’inscrit dans cette lecture sociale de la science-fiction, en donnant aux affrontements collectifs une place aussi importante qu’aux trajectoires individuelles. Le monde décrit n’est pas seulement un décor futuriste : il sert à examiner les mécanismes qui reproduisent les hiérarchies et les exclusions dans une société prétendument nouvelle.
La construction privilégie une narration ample, organisée autour de plusieurs groupes et de rapports de force qui se répondent. Cette approche donne au récit une dimension politique nette, mais elle demande aussi au lecteur de suivre des enjeux nombreux et des personnages pris dans une histoire déjà engagée. Le dessin de Grun contribue à rendre crédible cet environnement martien, entre installations humaines, espaces hostiles et scènes de confrontation. La couleur renforce la séparation entre les lieux et les atmosphères.
Dans le paysage de la bande dessinée de science-fiction française, On Mars relève davantage de la dystopie sociale que de l’aventure spatiale classique. La série s’intéresse moins à l’exploration ou à la découverte d’un ailleurs qu’à la manière dont une communauté se réorganise, se fracture et résiste. Ce troisième volume a donc surtout pour fonction de donner une portée d’ensemble aux tensions installées dans les tomes précédents, en refermant le cycle sans abandonner ses préoccupations politiques.
La réputation de l’album tient à l’association d’un univers futuriste lisible, d’un dessin réaliste et d’un propos sur les inégalités. L’ensemble peut satisfaire les lecteurs qui recherchent une série complète plutôt qu’un simple récit d’anticipation spectaculaire. La densité du contexte et la multiplicité des enjeux constituent toutefois une exigence réelle : l’album gagne à être abordé après les deux premiers tomes, car il s’appuie sur leur progression et sur leurs rapports de force.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de science-fiction sociale qui apprécient que les technologies et les mondes futurs servent à interroger les inégalités contemporaines.
- Les amateurs de bande dessinée réaliste qui recherchent un univers martien détaillé et une intrigue collective plutôt qu’une aventure centrée sur un seul héros.
- Les lecteurs qui souhaitent découvrir une trilogie achevée, avec une conclusion aux tensions installées dans les volumes précédents.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une science-fiction principalement fondée sur l’exploration, les découvertes scientifiques ou l’action spectaculaire risquent de trouver le propos politique trop présent.
- Les lecteurs qui préfèrent les récits très resserrés autour de quelques personnages peuvent être gênés par la densité des groupes et des enjeux.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’univers martien sert de cadre cohérent à une réflexion sur les inégalités, la domination et la survie collective.
- Le dessin réaliste de Grun rend lisibles aussi bien les infrastructures de la colonie que l’hostilité de son environnement.
- La conclusion conserve une dimension politique et donne une cohérence d’ensemble à la trilogie.
Ce qui coince
- La multiplicité des factions et des enjeux peut rendre la lecture moins fluide pour qui attend une intrigue plus linéaire.
- Le propos social, clairement exposé, laisse parfois moins de place à l’ambiguïté ou à l’intimité des personnages.
Fiche technique
- Auteur
- Sylvain Runberg et Grun
- Éditeur
- Daniel Maghen
- Parution
- 2022
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 16,00 €
- ISBN
- 9782356740953
Par la rédaction de Livres et pensées.