
Nous, nous ne verrons pas la fin
de Louis Mexandeau
3,5/5selon la rédaction
5/5 sur Amazon, 6 évaluations, relevé en septembre 2026
Un témoignage de guerre à hauteur d’enfant, utile pour comprendre comment l’Histoire s’inscrit dans les souvenirs ordinaires.
En bref
Louis Mexandeau raconte les années 1939 à 1945 telles qu’il les a vécues enfant, entre bouleversements familiaux, occupation et inquiétude quotidienne. Le livre adopte le registre du témoignage personnel plutôt que celui de l’analyse militaire ou politique.
À propos du livre
L’intérêt principal du livre tient au déplacement du regard. La Seconde Guerre mondiale n’est pas abordée depuis les états-majors, les grandes décisions ou les seuls récits de résistance, mais depuis l’expérience progressive d’un enfant confronté à un monde adulte devenu incertain. Cette perspective rend sensibles les effets concrets du conflit sur la vie familiale, les habitudes, les conversations et la perception du danger, sans prétendre transformer un souvenir individuel en histoire générale de la période.
La construction repose sur une mémoire rétrospective, avec ce que cela implique de précision affective et de distance historique. Le récit met en regard ce que l’enfant pouvait comprendre sur le moment et ce que l’adulte sait désormais des événements. Cette double temporalité donne au témoignage sa portée, tout en invitant à le lire comme une parole située, marquée par la subjectivité, plutôt que comme un document exhaustif sur les années d’Occupation.
Le livre s’inscrit dans la tradition des récits de guerre vécue par les civils et les enfants. Sa valeur ne dépend donc pas d’une révélation historique particulière, mais de la restitution d’une expérience quotidienne, souvent absente des synthèses consacrées aux opérations militaires et aux dirigeants. Le parcours ultérieur de Louis Mexandeau, devenu homme politique, ajoute un intérêt biographique à ce retour sur les années qui ont formé sa génération, sans faire de l’ouvrage une autobiographie complète.
Cette approche peut toucher les lecteurs qui cherchent une entrée concrète et personnelle dans la période 1939-1945. Elle demande en revanche d’accepter les limites propres au témoignage : une vision partielle, reconstruite après coup, et un récit davantage tourné vers la mémoire que vers la démonstration historique. Le livre gagne ainsi à être lu comme un complément incarné aux ouvrages documentaires, non comme leur substitut.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui souhaitent découvrir la Seconde Guerre mondiale à travers le regard d’un enfant et la vie quotidienne des civils.
- Les lecteurs intéressés par les récits de mémoire, les autobiographies et la formation d’une conscience politique dans le contexte de la guerre.
- Les lecteurs qui préfèrent un témoignage personnel aux récits militaires ou aux synthèses historiques générales.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une étude détaillée des opérations militaires, des institutions ou de la stratégie pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Les lecteurs qui attendent une enquête historique appuyée sur un appareil critique développé plutôt qu’un récit de mémoire personnelle.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le point de vue enfantin rend concrets les effets quotidiens de la guerre et de l’Occupation.
- Le récit articule la perception immédiate de l’enfant et le recul de l’adulte qui se souvient.
- Le témoignage complète utilement les histoires générales de la période en donnant une place centrale à l’expérience civile.
Ce qui coince
- La mémoire personnelle offre une vision nécessairement partielle des événements, ce qui limite la portée historique générale du livre.
- Le registre testimonial peut laisser sur leur faim les lecteurs qui attendent une analyse documentée et systématique de la période.
Fiche technique
- Auteur
- Louis Mexandeau
- Éditeur
- Le Cherche Midi
- Parution
- 2004
- Format
- Broché
- ISBN
- 9782749101132
Par la rédaction de Livres et pensées.