
No todos los hombres habitan el mundo de la misma manera
de Jean-Paul Dubois
4/5selon la rédaction
4,1/5 sur Amazon, 84 évaluations, relevé en septembre 2026
Un roman sobre et mélancolique sur la liberté, la filiation et les vies empêchées, porté par une voix ironique et profondément humaine.
En bref
Emprisonné à Montréal, Paul Hansen partage sa cellule avec Patrick Horton, un motard incarcéré pour meurtre. Entre souvenirs d’enfance, histoire familiale et évocation de sa vie au Canada, il tente de comprendre les événements qui l’ont conduit derrière les barreaux.
À propos du livre
Le roman s’intéresse moins au crime lui-même qu’à la trajectoire d’un homme ordinaire pris dans des circonstances qui le dépassent. Paul Hansen revient sur une enfance partagée entre la France et le Danemark, sur ses parents, puis sur son installation au Canada. La prison devient le point fixe depuis lequel il observe les liens familiaux, les fidélités, les humiliations et les pertes qui ont progressivement modelé son existence.
Jean-Paul Dubois construit son récit par allers-retours entre le présent carcéral et les épisodes de la vie de son narrateur. Cette composition fragmentée épouse une mémoire qui procède par associations plutôt que par ordre chronologique. L’écriture reste limpide, précise et souvent ironique, même lorsque le sujet devient douloureux. Le contraste entre la sécheresse de la situation présente et la richesse des souvenirs donne au livre son rythme particulier.
Le roman prolonge plusieurs motifs familiers de Jean-Paul Dubois : les familles dissemblables, les déplacements entre la France et l’Amérique du Nord, la difficulté d’habiter le monde et l’importance des animaux dans les existences humaines. Sans transformer son personnage en héros exemplaire, l’auteur lui conserve une lucidité modeste et une capacité d’attention aux autres. Le livre a reçu le prix Goncourt en 2019, consécration d’une œuvre déjà reconnue pour sa sobriété mélancolique et son humour discret.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les romans de mémoire construits autour d’une voix narrative à la fois ironique, pudique et attentive aux détails du quotidien.
- Les lecteurs intéressés par les récits de filiation, d’exil intérieur et de déclassement, sans intrigue spectaculaire ni psychologie démonstrative.
- Les amateurs de Jean-Paul Dubois et d’une littérature française ouverte sur le Canada et l’Amérique du Nord.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent un roman carcéral centré sur l’enquête, le suspense ou les rebondissements seront frustrés par la place accordée aux souvenirs.
- Les lecteurs peu sensibles aux récits mélancoliques et aux narrateurs contemplatifs pourront trouver le rythme trop régulier.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La voix de Paul Hansen associe autodérision, précision concrète et retenue émotionnelle, ce qui évite au récit de devenir plaintif.
- Les allers-retours temporels donnent une forme cohérente à une mémoire faite de rapprochements et de réminiscences.
- Le roman fait dialoguer la grande question de la liberté avec des expériences quotidiennes, familiales et professionnelles très concrètes.
Ce qui coince
- La construction rétrospective atténue la tension narrative, car l’intérêt repose davantage sur le parcours du personnage que sur l’attente d’un dénouement.
- La mélancolie et la tonalité uniforme du récit peuvent donner une impression de répétition à certains lecteurs.
Fiche technique
- Auteur
- Jean-Paul Dubois
- Éditeur
- AdN
- Parution
- 2019
- Format
- Numérique
Par la rédaction de Livres et pensées.