
Nicholas Nickleby, tome 2
de Charles Dickens
4/5selon la rédaction
5/5 sur Amazon, 2 évaluations, relevé en septembre 2026
Un grand roman social, ample et satirique, dont la générosité narrative compense une construction parfois très dispersée.
En bref
Après les épreuves qui ont marqué sa famille, Nicholas Nickleby poursuit son chemin dans une société traversée par l’injustice, l’exploitation et l’hypocrisie. Dickens mêle aventures, intrigues familiales, portraits grotesques et scènes de comédie sociale dans un récit foisonnant, typique du roman-feuilleton victorien.
À propos du livre
Ce deuxième tome approfondit les conflits auxquels Nicholas est confronté et élargit considérablement le tableau social. Le roman met en scène des rapports de domination fondés sur l’argent, la naissance ou la dépendance, tout en accordant une place importante aux solidarités entre personnages vulnérables. Dickens oppose les institutions indifférentes et les profiteurs à une morale de l’action, où la loyauté et la générosité deviennent des formes de résistance.
La construction repose sur une succession de péripéties, de rencontres et de fils narratifs qui finissent par se croiser. Cette organisation donne au livre son énergie de feuilleton, mais elle produit aussi des ruptures de rythme et des épisodes plus autonomes que nécessaires. L’écriture alterne descriptions précises, dialogues théâtraux, caricature et émotion directe, avec un goût marqué pour les contrastes et les effets de scène.
Le roman appartient à la période où Dickens impose une fiction populaire capable de divertir tout en dénonçant les abus de son époque. Les personnages secondaires, souvent outrés ou grotesques, ne relèvent pas seulement du comique : ils incarnent des milieux, des comportements et des mécanismes sociaux. Cette dimension satirique explique la longévité de l’œuvre, même lorsque certains procédés paraissent aujourd’hui appuyés.
Nicholas Nickleby occupe une place importante dans l’apprentissage du Dickens romancier. Le livre rassemble déjà plusieurs traits qui deviendront caractéristiques de son œuvre : un héros moralement lisible, une galerie de figures mémorables, une critique des institutions et une confiance affirmée dans les liens humains. Sa réputation tient moins à la subtilité psychologique qu’à l’ampleur de sa vision et à sa puissance de caractérisation.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment les romans classiques de grande ampleur, construits autour d’une multitude de personnages et de péripéties.
- Les lecteurs intéressés par la satire sociale et par la manière dont la fiction dénonce les abus d’une époque.
- Les amateurs de Dickens qui apprécient son humour, ses figures grotesques et son sens des scènes collectives.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue resserrée et une psychologie réaliste risquent de trouver le récit trop digressif et certains personnages trop schématiques.
- Les lecteurs peu sensibles au roman-feuilleton peuvent être gênés par l’accumulation d’épisodes et par les effets mélodramatiques.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La satire sociale s’appuie sur des situations concrètes et sur une galerie de personnages immédiatement reconnaissables.
- Les dialogues et les scènes collectives donnent au récit une forte dimension théâtrale.
- L’alternance entre indignation, comédie et émotion maintient une réelle variété de ton.
Ce qui coince
- La multiplication des intrigues secondaires disperse parfois l’attention et ralentit la progression principale.
- La caractérisation privilégie souvent la caricature et l’opposition morale, au détriment de la nuance psychologique.
Fiche technique
- Auteur
- Charles Dickens
- Parution
- 1839
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 9,95 €
- ISBN
- 9782377359196
Par la rédaction de Livres et pensées.