
Mordre le bouclier
de Justine Niogret
4/5selon la rédaction
4,1/5 sur Amazon, 49 évaluations, relevé en septembre 2026
Une fantasy médiévale âpre et sensorielle, plus intéressée par les blessures et les identités que par l’aventure spectaculaire.
En bref
Dans un monde médiéval rude, Chien du Heaume poursuit son chemin après les événements du premier roman. La guerrière doit composer avec ce que la découverte de ses origines change dans son rapport à elle-même, aux autres et à la violence.
À propos du livre
Mordre le bouclier prolonge le travail entrepris dans Chien du heaume autour du nom, de la filiation et de la place que l’on peut conquérir dans un monde qui ne vous reconnaît pas. Justine Niogret ne transforme pas ces questions en quête héroïque classique : l’identité reste une matière difficile, liée au corps, à la mémoire et aux rapports de force. Le roman s’intéresse davantage aux conséquences intimes d’un passé retrouvé qu’à la progression d’une intrigue de fantasy traditionnelle.
L’écriture privilégie les sensations concrètes : le froid, la fatigue, la boue, le métal, la douleur et les gestes nécessaires pour survivre. Les combats ne sont pas traités comme des démonstrations de virtuosité, mais comme des expériences physiques, confuses et coûteuses. Cette prose dense, parfois elliptique, demande une attention réelle. Elle donne au récit une tonalité presque minérale, où les silences, les regards et les objets comptent autant que les dialogues.
Comme le premier volume, le livre occupe une place singulière dans l’imaginaire français par son refus d’un Moyen Âge décoratif et de personnages facilement admirables. La fantasy sert ici à déplacer le regard sur des existences marginales, marquées par la violence et la difficulté d’appartenir. Cette continuité peut frustrer les lecteurs qui attendent un élargissement spectaculaire de l’univers, mais elle donne au diptyque une cohérence forte, fondée sur l’atmosphère et la tension intérieure plutôt que sur l’accumulation d’événements.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de fantasy historique ou sombre qui privilégient les ambiances physiques, les personnages ambigus et les enjeux d’identité.
- Les lecteurs sensibles aux écritures travaillées, elliptiques et sensorielles, qui acceptent une narration moins tournée vers l’action.
- Les lecteurs ayant apprécié Chien du heaume et souhaitant retrouver son univers sans attendre une fantasy plus classique ou plus spectaculaire.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue rapide, abondante en rebondissements et structurée par une quête clairement balisée.
- Les lecteurs peu sensibles aux récits âpres, aux ellipses et à une violence décrite dans sa matérialité.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La prose rend les paysages, les corps et la violence avec une précision sensorielle inhabituelle.
- Le roman traite l’identité et la filiation sans réduire ces thèmes à des révélations narratives.
- L’univers médiéval évite l’idéalisation et donne une vraie épaisseur aux existences marginales.
Ce qui coince
- La narration elliptique peut rendre certains enchaînements difficiles à suivre, surtout pour qui attend une progression très explicite.
- La rudesse constante du ton et des situations laisse peu de place à l’humour ou à l’apaisement.
Fiche technique
- Auteur
- Justine Niogret
- Éditeur
- J'ai lu
- Parution
- 2011
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 8,20 €
- ISBN
- 9782290419151
Par la rédaction de Livres et pensées.