
Monster, tome 17 : C'est moi
de Naoki Urasawa
4,5/5selon la rédaction
4,8/5 sur Amazon, 12 évaluations, relevé en septembre 2026
Un avant-dernier volume tendu, où l’enquête devient une réflexion sombre sur l’identité, la responsabilité et la fabrication du mal.
En bref
Tenma poursuit sa recherche de Johan, tandis que les différents fils de l’histoire convergent vers une nouvelle étape décisive. Nina, Roberto et les autres personnages se rapprochent eux aussi de la vérité, dans un climat de menace croissante. Ce volume prépare directement le dénouement de la série, sans renoncer à ses interrogations morales.
À propos du livre
Ce dix-septième volume approfondit les questions qui structurent Monster depuis le début : qu’est-ce qui forge une personnalité, comment une société fabrique-t-elle ses monstres, et jusqu’où peut aller la responsabilité individuelle ? Le manga ne réduit pas ces enjeux à une opposition entre le bien et le mal. Il confronte plutôt ses personnages à des choix concrets, souvent ambigus, qui donnent à l’intrigue policière une portée éthique et politique.
Naoki Urasawa organise cette phase finale avec une grande maîtrise du suspense. Les informations sont distillées par fragments, les trajectoires se croisent et les changements de point de vue entretiennent une tension constante. Le dessin reste précis et lisible, particulièrement efficace dans les silences, les regards et les scènes où la violence est suggérée plutôt que montrée. Cette retenue renforce l’inquiétude au lieu de la désamorcer.
À ce stade, Monster s’éloigne du simple thriller à serial killer pour devenir une vaste réflexion sur la mémoire, l’identité et le besoin de donner un visage au mal. Le volume 17 bénéficie de la richesse accumulée par les précédents tomes, mais il suppose aussi de bien connaître l’ensemble de la série. Sa construction privilégie la préparation du dénouement, ce qui peut donner à certains passages une fonction plus stratégique qu’émotionnelle.
La réputation de Monster tient notamment à cet équilibre entre enquête au long cours, drame psychologique et critique des idéologies meurtrières. Urasawa sait faire sentir les conséquences humaines de grands systèmes de violence sans transformer ses personnages en porte-parole. Ce volume confirme cette ambition, tout en laissant volontairement plusieurs questions ouvertes avant le dernier tome.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de thrillers au long cours qui apprécient les enquêtes complexes, les fausses pistes et les révélations progressives.
- Les amateurs de mangas seinen recherchant une réflexion sur l’identité et la responsabilité, au-delà de l’efficacité narrative.
- Les lecteurs déjà engagés dans Monster, qui souhaitent aborder la dernière ligne droite de la série.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une histoire autonome, car ce volume dépend fortement des événements et des personnages installés dans les tomes précédents.
- Les lecteurs préférant un rythme constamment spectaculaire, car Urasawa alterne les scènes de tension avec des développements psychologiques et explicatifs.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La tension repose sur une circulation maîtrisée de l’information et sur des points de vue qui se répondent.
- Les dilemmes moraux restent liés aux actes et aux parcours des personnages, plutôt qu’à des discours théoriques.
- Le dessin exploite efficacement les expressions, les silences et les décors pour installer une inquiétude durable.
Ce qui coince
- La densité de l’intrigue exige de garder en mémoire de nombreux personnages et événements, ce qui peut rendre la lecture moins fluide.
- Comme avant-dernier volume, il privilégie parfois la mise en place du dénouement au plein développement de certaines situations.
Fiche technique
- Auteur
- Naoki Urasawa
- Éditeur
- Kana
- Parution
- 1994
- Format
- Broché
- ISBN
- 9782871296591
Par la rédaction de Livres et pensées.