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Livres et pensées
Couverture de Mohammad, ma mère et moi

Mohammad, ma mère et moi

de Benoît Cohen

3,5/5selon la rédaction

4,4/5 sur Amazon, 138 évaluations, relevé en septembre 2026

Un récit accessible et humain sur la vieillesse, l’exil et les liens familiaux, porté par une situation concrète plutôt que par le pathos.

En bref

Benoît Cohen raconte la rencontre entre sa mère, devenue dépendante, et Mohammad, un jeune Afghan qui vient l’aider au quotidien. Cette cohabitation inattendue oblige le narrateur à regarder autrement sa relation avec sa mère et la situation de celui qui l’accompagne. À partir de cette histoire familiale, le livre aborde la vieillesse, l’exil, la précarité et les ambiguïtés de l’aide apportée aux personnes dépendantes. Le ton relève du récit personnel, avec une attention constante aux gestes ordinaires et aux tensions humaines.

À propos du livre

Le sujet dépasse rapidement la seule relation entre une mère et son fils. À travers la présence de Mohammad, le récit met en regard deux vulnérabilités : celle d’une femme vieillissante qui perd progressivement son autonomie, et celle d’un jeune homme exilé, dépendant d’un emploi et d’un environnement qui ne lui sont pas familiers. Le livre fait ainsi apparaître les rapports de pouvoir, la gêne et les malentendus qui peuvent accompagner l’aide à domicile, sans transformer ses personnages en simples figures exemplaires.

La construction repose sur une situation concrète et sur le déplacement progressif du regard du narrateur. Les scènes du quotidien donnent au récit une dimension presque documentaire, tandis que les considérations plus personnelles éclairent les sentiments contradictoires du fils : affection, culpabilité, irritation et désir de protéger. L’écriture reste directe et lisible, avec une place importante accordée aux dialogues et aux détails de comportement. Cette sobriété évite généralement au livre de forcer l’émotion.

Le récit s’inscrit dans une veine autobiographique attentive aux relations familiales et aux questions sociales. Benoît Cohen, également réalisateur, privilégie une approche visuelle des situations et des personnages, comme s’il observait les effets d’une rencontre sur un groupe déjà constitué. L’intérêt du livre tient moins à une intrigue complexe qu’à la manière dont une expérience privée révèle des réalités collectives : le vieillissement, les migrations et la délégation du soin à des travailleurs souvent précaires.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui apprécient les récits inspirés d’expériences vécues, centrés sur des relations familiales concrètes et sur des enjeux sociaux contemporains.
  • Les lecteurs intéressés par les questions d’exil, de vieillesse et d’aide aux personnes dépendantes, traitées à hauteur de personnages plutôt que sous forme d’essai.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent une intrigue romanesque très construite ou de nombreux rebondissements risquent de trouver le récit trop linéaire.
  • Les lecteurs peu sensibles aux récits autobiographiques ou aux situations du quotidien pourront juger l’analyse sociale trop discrète.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • La relation entre les trois protagonistes fait apparaître sans abstraction les tensions liées à la dépendance et à l’exil.
  • L’écriture directe s’appuie sur des scènes quotidiennes qui rendent les personnages concrets.
  • Le récit articule une histoire familiale et des enjeux sociaux sans se transformer en démonstration théorique.

Ce qui coince

  • La progression narrative reste limitée, car l’intérêt repose surtout sur l’observation des relations et des situations.
  • Certains enjeux sociaux sont davantage suggérés qu’approfondis, ce qui peut laisser le lecteur sur sa faim.

Fiche technique

Auteur
Benoît Cohen
Éditeur
Flammarion
Parution
2018
Format
Broché
Prix éditeur
19,00 €
ISBN
9782081421202

Par la rédaction de Livres et pensées.