
Mémoire de singe et parole d’homme
de Boris Cyrulnik
3,5/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 80 évaluations, relevé en septembre 2026
Un essai de vulgarisation exigeant sur les frontières entre comportement animal, langage et spécificité humaine.
En bref
Boris Cyrulnik examine ce que l’étude des singes permet de comprendre de la mémoire, de la communication et des comportements humains. L’ouvrage met en question l’opposition simple entre l’animal instinctif et l’homme doué de raison, dans un registre à la fois scientifique, philosophique et accessible.
À propos du livre
Le livre s’intéresse aux continuités et aux écarts entre l’animal et l’être humain. La mémoire, l’apprentissage, les rapports sociaux et les formes de communication y sont abordés comme des objets d’observation, mais aussi comme des moyens de réfléchir à ce qui constitue la singularité humaine. L’enjeu n’est pas de nier les différences entre les espèces, mais d’éviter les définitions trop rapides de l’homme, souvent fondées sur une séparation absolue d’avec le vivant.
Boris Cyrulnik écrit dans une langue de vulgarisation, avec le souci de rendre lisibles des questions issues de l’éthologie et des sciences du comportement. La progression est davantage celle d’une enquête et d’une réflexion que celle d’un traité systématique. Le lecteur y trouve des rapprochements entre observations animales, psychologie et philosophie, mais doit accepter une construction qui privilégie les idées et les exemples à une démonstration strictement académique.
Cet essai appartient à la première période de l’œuvre de Boris Cyrulnik, avant que ses travaux sur l’attachement et la résilience ne rencontrent un large public. Il permet de comprendre une constante de sa pensée, l’attention portée aux relations, aux apprentissages et à l’influence du milieu sur les conduites. Sa réputation tient notamment à cette capacité à faire circuler des notions scientifiques vers un lectorat non spécialiste, sans réduire entièrement les problèmes qu’elles soulèvent.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs intéressés par l’éthologie, la psychologie et les rapports entre comportement animal et comportement humain y trouveront une introduction réflexive et accessible.
- Les lecteurs qui apprécient les essais reliant sciences humaines, observation du vivant et interrogation philosophique pourront suivre les rapprochements proposés.
- Les lecteurs souhaitant découvrir les thèmes qui précèdent les ouvrages de Boris Cyrulnik sur l’attachement et la résilience y trouveront un éclairage sur ses premières préoccupations.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent un exposé universitaire très structuré, avec une bibliographie technique et une argumentation spécialisée, risquent de trouver la démarche trop générale.
- Les lecteurs attendant un livre centré sur la résilience ou la psychologie clinique, thèmes associés au succès ultérieur de Cyrulnik, peuvent être déçus par cet essai consacré d’abord à l’éthologie et à la spécificité humaine.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le livre met en relation l’observation des comportements animaux et une réflexion précise sur ce qui distingue l’être humain.
- La vulgarisation rend des questions d’éthologie et de psychologie accessibles sans les réduire à une simple opposition entre instinct et raison.
- L’essai annonce plusieurs thèmes durables de Boris Cyrulnik, notamment le rôle des relations et du milieu dans la formation des conduites.
Ce qui coince
- La construction par rapprochements et exemples manque parfois de systématicité pour un lecteur qui attend une démonstration scientifique suivie.
- Certaines formulations et références appartiennent au contexte intellectuel de sa publication, ce qui peut donner à l’ensemble une tonalité moins actuelle.
Fiche technique
- Auteur
- Boris Cyrulnik
- Éditeur
- Pluriel
- Parution
- 1983
- Format
- Numérique
Par la rédaction de Livres et pensées.