
Mauthausen
de Iakovos Kambanellis
4,5/5selon la rédaction
4,5/5 sur Amazon, 127 évaluations, relevé en septembre 2026
Un témoignage de déportation d’une grande sobriété, où la précision du récit laisse place à une réflexion durable sur la dignité humaine.
En bref
Dans ce récit autobiographique, Iakovos Kambanellis revient sur son expérience de déporté au camp de concentration de Mauthausen. Il décrit la vie concentrationnaire, les rapports entre les prisonniers et les effets de la violence organisée, dans une écriture à la fois concrète et profondément littéraire.
À propos du livre
Le livre vaut d’abord par la position de son auteur, qui témoigne de l’intérieur sans réduire l’expérience concentrationnaire à une suite de scènes spectaculaires. Kambanellis observe les gestes, les hiérarchies, les attentes et les formes de solidarité qui structurent le quotidien du camp. Cette attention aux comportements donne au texte une portée qui dépasse le seul récit individuel : la déportation apparaît comme un système de déshumanisation, mais aussi comme une épreuve où subsistent des choix, des liens et une conscience de soi.
L’écriture refuse généralement l’emphase. La sobriété du récit rend les situations plus dures, parce qu’elle ne cherche pas à imposer une émotion au lecteur. Le témoignage avance par épisodes, notations et scènes significatives, avec un équilibre entre la précision documentaire et une véritable recherche de forme. Cette dimension littéraire ne détourne pas le livre de son enjeu historique : elle permet au contraire de restituer ce que les seuls faits administratifs ne peuvent transmettre, notamment la perception du temps, de la peur et de l’épuisement.
Dans l’œuvre d’Iakovos Kambanellis, dramaturge et figure importante de la littérature grecque contemporaine, Mauthausen occupe une place singulière par son ancrage autobiographique et sa portée mémorielle. Le texte a connu une nouvelle visibilité en France avec sa distinction comme Prix du livre étranger 2020. Sa réputation repose moins sur une accumulation d’informations que sur l’association d’une parole de survivant, d’une construction maîtrisée et d’une interrogation constante sur ce qui permet à l’humain de ne pas disparaître entièrement dans la violence.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui cherchent un témoignage personnel sur les camps, attentif aux réalités quotidiennes plutôt qu’aux seuls grands événements historiques.
- Les lecteurs intéressés par une écriture de la mémoire qui associe observation concrète, sobriété et portée morale.
- Les lecteurs de littérature grecque qui souhaitent découvrir l’œuvre la plus directement autobiographique d’Iakovos Kambanellis.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une étude historique complète du système concentrationnaire trouveront ici un témoignage situé, et non une synthèse documentaire.
- Les lecteurs qui préfèrent une narration romanesque continue peuvent être déconcertés par une construction fondée sur des épisodes et des observations.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La précision des scènes quotidiennes restitue la réalité concentrationnaire sans la dramatiser artificiellement.
- La sobriété du style évite le pathos tout en donnant une forte portée émotionnelle aux faits rapportés.
- Le regard porté sur les relations humaines élargit le témoignage à une réflexion sur la dignité, la solidarité et la survie.
Ce qui coince
- Le caractère fragmentaire et testimonial du récit laisse parfois certains aspects historiques dans l’arrière-plan, ce qui peut frustrer les lecteurs en quête de contexte.
- La retenue de l’écriture crée une distance qui demande une lecture attentive et peut sembler austère à ceux qui recherchent un récit plus narratif.
Fiche technique
- Auteur
- Iakovos Kambanellis
- Éditeur
- Albin Michel
- Parution
- 1965
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 22,90 €
- ISBN
- 9782226441416
Par la rédaction de Livres et pensées.