
Manosque-des-Plateaux / Poème de l’olive
de Jean Giono
4/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 25 évaluations, relevé en septembre 2026
Un diptyque de prose poétique où Giono transforme un paysage provençal en monde sensible, au prix d’une certaine profusion lyrique.
En bref
Dans Manosque-des-Plateaux, Jean Giono évoque sa ville, ses habitants et les paysages de Haute-Provence à travers une prose très sensorielle. Poème de l’olive prolonge cette célébration méditerranéenne autour de l’arbre, du travail et d’un rapport ancien à la terre.
À propos du livre
Ce livre ne raconte pas une intrigue au sens traditionnel. Il compose plutôt une vision de Manosque et de ses alentours, où les éléments naturels, les gestes paysans et les présences humaines appartiennent à un même ensemble vivant. La ville n’est pas décrite comme un simple décor : elle devient un foyer de sensations, de souvenirs et de forces. L’olivier, dans le second texte, condense cette relation entre paysage, subsistance et imaginaire méditerranéen.
La construction privilégie l’évocation, les associations d’images et les mouvements de la phrase plutôt que la progression narrative. Giono y déploie une langue charnelle, abondante, attentive aux couleurs, aux odeurs, aux matières et aux rythmes du monde rural. Cette écriture peut donner l’impression d’une parole qui déborde son sujet, mais cette profusion constitue aussi le principe du livre : faire sentir un pays plutôt que l’expliquer.
L’ensemble occupe une place particulière dans l’œuvre de Giono, entre le récit régional, la prose poétique et la méditation sur les liens entre l’être humain et la nature. Il annonce ou accompagne les grands motifs de l’auteur : la terre comme puissance, la communauté villageoise, la méfiance envers les abstractions et la recherche d’une vie plus proche des éléments. Sa réputation repose surtout sur la force de cette langue et sur son pouvoir d’évocation.
La lecture demande toutefois d’accepter une forme peu linéaire et une représentation idéalisée de la Provence. Giono ne cherche ni l’enquête documentaire ni le réalisme social détaillé : il transforme le réel par le lyrisme. Le livre intéressera donc davantage les lecteurs sensibles aux paysages, aux voix singulières et aux textes courts d’atmosphère que ceux qui attendent une intrigue suivie ou une analyse historique de Manosque.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment les proses poétiques et les descriptions de paysages travaillées par les sensations.
- Les lecteurs qui souhaitent découvrir les thèmes fondateurs de Jean Giono dans un format bref et peu narratif.
- Les amateurs de littérature provençale qui recherchent une évocation littéraire plutôt qu’un document régional.
À éviter si
- Les lecteurs qui ont besoin d’une intrigue construite, de personnages développés et d’un rythme narratif continu.
- Les lecteurs réticents aux visions rurales idéalisées et aux phrases lyriques très abondantes.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La langue donne aux paysages et aux gestes quotidiens une présence physique immédiatement perceptible.
- Les deux textes composent une méditation cohérente sur la terre, l’olivier et la vie méditerranéenne.
- La forme brève permet d’accéder directement à l’imaginaire et aux motifs essentiels de Giono.
Ce qui coince
- L’absence de progression narrative peut rendre la lecture statique pour qui attend un récit.
- La profusion métaphorique et l’idéalisation du monde rural peuvent parfois affaiblir la précision descriptive.
Fiche technique
- Auteur
- Jean Giono
- Éditeur
- Gallimard
- Parution
- 1931
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 5,90 €
- ISBN
- 9782070404063
Par la rédaction de Livres et pensées.