
Mademoiselle Bonsoir suivi de La Reine des garces
de Boris Vian
3,5/5selon la rédaction
4/5 sur Amazon, 12 évaluations, relevé en septembre 2026
Un volume pour découvrir un Vian moins connu, plus théâtral et satirique, dont l’inventivité compense l’inégale finition.
En bref
Ce volume réunit deux textes méconnus de Boris Vian, construits autour du goût du spectacle, de la caricature et du détournement des conventions. On y retrouve une écriture burlesque, volontiers provocatrice, qui observe les rapports de pouvoir et les faux-semblants sociaux.
À propos du livre
Ces deux œuvres appartiennent à la périphérie la plus ludique de l’univers vianesque. Elles privilégient la fantaisie, les situations outrées et les figures volontairement schématiques plutôt que l’analyse psychologique approfondie. Le lecteur y rencontre un auteur attiré par les formes populaires et les mécanismes du spectacle, mais qui les retourne par l’absurde et la satire.
La force de l’ensemble tient d’abord au langage. Boris Vian affectionne les décalages, les associations inattendues et les répliques qui font basculer une scène réaliste vers la farce. Cette virtuosité produit des effets comiques nets, mais elle peut aussi donner à certains passages une impression d’exercice de style, lorsque l’invention verbale prend le pas sur la construction dramatique.
Le volume éclaire un aspect moins connu de l’œuvre de Vian, souvent réduite à L’Écume des jours, aux romans signés Vernon Sullivan et à quelques chansons. Il montre un écrivain qui circule entre littérature, théâtre et culture de divertissement, avec une même volonté de saper les hiérarchies et les bienséances.
La réputation de ces textes repose surtout sur l’intérêt qu’ils présentent pour les lecteurs désireux de parcourir l’œuvre complète de Vian. Ils ne constituent pas la meilleure porte d’entrée dans son univers, mais offrent un complément révélateur à ses œuvres les plus célèbres, à condition d’accepter leur dimension de curiosité littéraire et leur finition moins régulière.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de Boris Vian qui souhaitent explorer ses textes moins connus et ses rapports avec les formes théâtrales et spectaculaires.
- Les amateurs de satire, de burlesque verbal et de littérature française décalée.
- Les lecteurs intéressés par les œuvres marginales ou secondaires d’un écrivain canonique, davantage que par un récit long et fortement construit.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent l’intensité romanesque et la profondeur émotionnelle de L’Écume des jours risquent de trouver l’ensemble plus léger et plus inégal.
- Les lecteurs peu sensibles aux jeux de langage et aux situations caricaturales pourront juger l’humour daté ou artificiel.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Les jeux de langage et les décalages comiques donnent aux textes une tonalité immédiatement reconnaissable.
- Le volume révèle un versant moins étudié de Boris Vian, attentif aux codes du spectacle et à leur potentiel satirique.
- La brièveté des deux textes permet une lecture rapide, sans empêcher l’observation des obsessions sociales de l’auteur.
Ce qui coince
- La construction et la densité littéraire sont moins constantes que dans les œuvres les plus abouties de Vian.
- La caricature et la provocation peuvent parfois remplacer une véritable épaisseur des personnages.
Fiche technique
- Auteur
- Boris Vian
- Éditeur
- Le Livre de Poche
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 8,20 €
- ISBN
- 9782253128977
Par la rédaction de Livres et pensées.