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Livres et pensées
Couverture de Ma reine

Ma reine

de Jean-Baptiste Andrea

4/5selon la rédaction

4,2/5 sur Amazon, 1 100 évaluations, relevé en septembre 2026

Un premier roman sensible sur l’enfance et l’imaginaire, porté par une voix singulière, malgré quelques effets mélodramatiques.

En bref

Shell, un garçon de douze ans en décalage avec le monde qui l’entoure, décide de fuir sa famille et son quotidien. Dans un village abandonné de Provence, il rencontre Viviane, une jeune fille qui se présente comme une reine, et devient son chevalier. Leur relation transforme un été isolé en aventure initiatique, entre réalité, jeu et rêve.

À propos du livre

Le roman s’intéresse moins aux péripéties qu’au regard de Shell sur ce qui lui arrive. Sa difficulté à comprendre les codes sociaux et les intentions des adultes donne aux scènes ordinaires une étrangeté particulière. L’amitié avec Viviane ouvre un espace où les règles habituelles peuvent être réinventées, mais cette liberté reste fragile. Jean-Baptiste Andrea aborde ainsi l’enfance, la solitude et le besoin de se raconter une place dans le monde sans réduire son personnage à un simple enfant différent.

La narration adopte une voix enfantine, directe et imagée, qui transforme le paysage provençal en territoire d’aventure. Le contraste entre la naïveté de Shell et ce que le lecteur peut deviner des situations crée une émotion souvent efficace. Le récit avance par scènes courtes, avec un sens marqué du dialogue et de l’image. Cette construction donne au roman une lecture fluide, même si certains effets de sentiment ou certaines coïncidences peuvent sembler appuyés.

Premier roman de Jean-Baptiste Andrea, Ma reine s’inscrit dans la tradition des récits d’apprentissage centrés sur un personnage marginal et une rencontre décisive. Son originalité tient surtout à l’équilibre entre la dureté du réel et la puissance protectrice de l’imaginaire. Le livre a trouvé son public grâce à cette alliance entre accessibilité, tendresse et gravité. Il peut toucher les lecteurs sensibles aux histoires d’enfance, tout en laissant davantage à distance ceux qui recherchent une psychologie plus nuancée ou un réalisme moins romanesque.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui apprécient les récits d’enfance racontés depuis une conscience décalée, avec une place importante accordée à l’imaginaire.
  • Les lecteurs à la recherche d’un roman court, accessible et mélancolique sur l’amitié, la solitude et le passage vers l’âge adulte.
  • Les amateurs de littérature française contemporaine qui aiment les premiers romans construits autour d’une voix narrative très marquée.

À éviter si

  • Les lecteurs qui supportent mal les intrigues fondées sur la naïveté du narrateur et les effets de conte.
  • Ceux qui attendent une analyse psychologique très réaliste ou une intrigue fortement complexe risquent de trouver le dispositif trop appuyé.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • La voix de Shell restitue de façon cohérente une perception enfantine, à la fois littérale, inventive et déconcertante.
  • Le paysage et le village abandonné deviennent un décor narratif concret, qui accompagne la liberté imaginaire des personnages.
  • Le roman maintient une tension lisible entre le jeu des enfants et la gravité des situations qu’ils ne maîtrisent pas.

Ce qui coince

  • Certains passages recherchent l’émotion de manière très visible, ce qui peut affaiblir la sobriété du récit.
  • La caractérisation de plusieurs personnages secondaires reste fonctionnelle, au service du parcours de Shell.

Fiche technique

Auteur
Jean-Baptiste Andrea
Éditeur
Gallimard, Folio
Parution
2017
Format
Poche
Prix éditeur
8,60 €
ISBN
9782072750663

Par la rédaction de Livres et pensées.