
Lucky Luke, tome 7 : Ma Dalton
de Morris et René Goscinny
4/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 191 évaluations, relevé en septembre 2026
Un album efficace, fondé sur un excellent ressort comique, mais moins riche que les meilleurs épisodes de la série.
En bref
Lucky Luke rencontre Ma Dalton, la mère des célèbres frères Dalton, dont l’influence sur ses fils ne ressemble pas à celle d’une mère ordinaire. L’album joue sur les rapports entre cette figure familiale autoritaire et les quatre bandits, dans une succession de situations burlesques et de poursuites caractéristiques de la série.
À propos du livre
Ma Dalton repose sur une idée simple et immédiatement lisible : déplacer les Dalton dans un cadre familial où leur mère devient la véritable autorité. Ce renversement permet de renouveler les rapports entre les personnages sans modifier la nature profondément comique de la série. Le récit s’intéresse moins à la violence ou au Far West historique qu’aux mécanismes de l’obéissance, de la rivalité et de la réputation, toujours traités sur le mode de la caricature.
La construction privilégie une suite de scènes autonomes, de gags visuels et de retournements rapides. Le scénario de René Goscinny exploite les différences de tempérament entre les quatre frères, tandis que le dessin de Morris assure une lecture claire, dynamique et expressive. Les attitudes, les silhouettes et les décors portent une grande partie du comique, avec une mise en scène qui reste accessible aux jeunes lecteurs sans exclure les adultes sensibles au second degré.
Dans l’ensemble de Lucky Luke, cet album occupe une place particulière parce qu’il donne un rôle central à un personnage extérieur au quatuor habituel des adversaires. Ma Dalton n’est pas seulement un ressort scénaristique : elle permet de montrer les Dalton sous un angle domestique, donc de rendre leur bêtise et leur hiérarchie interne encore plus visibles. L’album conserve toutefois la formule classique de la série, avec une intrigue directe et une progression sans complication inutile.
La réputation de Ma Dalton tient surtout à la netteté de son dispositif comique et à l’efficacité de ses personnages. L’album se lit rapidement, mais certaines situations restent en mémoire grâce à un contraste bien exploité entre la prétendue dangerosité des Dalton et leur soumission aux règles familiales. Il s’agit d’un épisode représentatif du versant humoristique de Lucky Luke, davantage fondé sur la mécanique du gag que sur une satire historique développée.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les albums de Lucky Luke centrés sur les Dalton y trouveront une variation claire et bien construite autour de leurs rapports familiaux.
- Les jeunes lecteurs peuvent y entrer facilement grâce à une intrigue simple, des gags visuels nombreux et une lecture très fluide.
- Les amateurs de bande dessinée classique apprécieront le découpage lisible et l’efficacité du duo formé par Morris et René Goscinny.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue plus ample ou une satire historique approfondie risquent de trouver l’album trop linéaire.
- Ceux qui se lassent du comique répétitif propre aux Dalton pourront juger certains gags prévisibles.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le renversement du rapport d’autorité entre Ma Dalton et ses fils fournit un ressort comique constant.
- Le dessin de Morris rend les personnages immédiatement identifiables et les scènes d’action faciles à suivre.
- Le scénario utilise efficacement les personnalités distinctes des quatre frères Dalton.
Ce qui coince
- La succession de gags et de péripéties donne une intrigue assez linéaire, avec peu d’épaisseur narrative.
- Le fonctionnement comique des Dalton repose sur des répétitions qui peuvent limiter l’effet de surprise à la relecture.
Fiche technique
- Auteur
- Morris et René Goscinny
- Éditeur
- Lucky Comics
- Parution
- 1971
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 10,95 €
- ISBN
- 9782884710060
Par la rédaction de Livres et pensées.