
Lucky Luke, tome 23, Le Daily Star
de Jean Léturgie
3,5/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 64 évaluations, relevé en septembre 2026
Un album de Lucky Luke fondé sur la satire de la presse, efficace dans ses gags mais moins marquant que les grands classiques de la série.
En bref
Lucky Luke se trouve mêlé aux activités du Daily Star, un journal qui entend s’imposer dans l’Ouest. L’album exploite les tensions entre information, goût du sensationnel et liberté de la presse, dans le registre comique et satirique propre à la série.
À propos du livre
Le sujet permet à la série de déplacer ses cibles habituelles : après les bandits, les politiciens ou les institutions, ce sont ici les mécanismes de la presse qui sont observés. Le journal devient un lieu de pouvoir, de concurrence et de mise en scène de l’actualité. Cette toile de fond donne aux aventures de Lucky Luke une portée satirique assez nette, tout en restant accessible grâce aux situations burlesques et aux personnages caricaturaux.
L’album repose sur une construction très lisible, avec une succession de péripéties conçues pour conduire rapidement d’un gag à l’autre. Le scénario de Jean Léturgie, associé à Xavier Fauche, privilégie l’efficacité narrative et les retournements comiques plutôt qu’une intrigue complexe. Le dessin de Morris conserve la clarté caractéristique de la série : les silhouettes sont immédiatement identifiables, les décors servent l’action et l’expression visuelle prolonge souvent les dialogues.
Le Daily Star appartient à la période qui suit la collaboration de Morris avec René Goscinny. Il témoigne de la volonté de maintenir l’identité de Lucky Luke en renouvelant les thèmes abordés et les milieux caricaturés. Cette période ne bénéficie pas toujours de la même réputation que les albums les plus célèbres, mais elle conserve les fondations essentielles de la série : rythme, lisibilité, détournement des codes du western et humour fondé sur l’observation sociale.
L’intérêt de l’album tient surtout à l’articulation entre aventure et critique des médias. La satire reste volontairement simple, car elle doit fonctionner à plusieurs niveaux, pour les jeunes lecteurs comme pour les adultes familiers des travers de la presse. Cette simplicité constitue à la fois son accessibilité et sa limite : les situations sont immédiatement compréhensibles, mais l’analyse du sujet demeure plus esquissée qu’approfondie.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient Lucky Luke pour ses détournements des institutions et des figures historiques de l’Ouest y trouveront une satire directement lisible.
- Les amateurs de bande dessinée franco-belge classique apprécieront une narration claire, un dessin immédiatement reconnaissable et des gags construits autour de l’action.
- Les lecteurs plus jeunes peuvent y entrer facilement grâce à une intrigue autonome et à un humour visuel très présent.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent la densité comique ou la finesse scénaristique des albums écrits par René Goscinny risquent de trouver celui-ci plus conventionnel.
- Les lecteurs intéressés par une critique approfondie du journalisme pourront juger la satire trop rapide et subordonnée aux nécessités de l’aventure.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La satire de la presse fournit à Lucky Luke un cadre original par rapport aux affrontements habituels avec les hors-la-loi.
- La mise en scène privilégie une progression rapide et des situations compréhensibles sans connaissance préalable de la série.
- Le dessin de Morris assure une lecture fluide, grâce à des personnages expressifs et à une action toujours clairement découpée.
Ce qui coince
- Le traitement du journalisme reste schématique, car le sujet sert avant tout de support aux gags et aux péripéties.
- L’album possède moins de relief et de répliques mémorables que les épisodes considérés comme les sommets de la série.
Fiche technique
- Auteur
- Jean Léturgie
- Éditeur
- Lucky Comics
- Parution
- 1984
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 6,90 €
- ISBN
- 9782884715300
Par la rédaction de Livres et pensées.