
Lucky Luke, tome 22 : Fingers
de Lo Hartog van Banda
3,5/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 39 évaluations, relevé en septembre 2026
Un album fondé sur l’affrontement entre la loi et la ruse, efficace dans ses gags mais moins consistant que les meilleurs Lucky Luke.
En bref
Lucky Luke affronte Fingers, un spécialiste de la tricherie, de l’escamotage et des tours de passe-passe. L’album repose sur cette confrontation entre la vigilance du cow-boy et l’habileté d’un adversaire qui transforme chaque situation en piège comique.
À propos du livre
Fingers déplace l’action habituelle de Lucky Luke vers l’univers de la prestidigitation, du vol subtil et de la manipulation. L’enjeu n’est pas seulement de poursuivre un hors-la-loi, mais de comprendre comment un adversaire peut brouiller les apparences et retourner les règles contre ceux qui les appliquent. Cette idée donne à l’album une mécanique différente des récits centrés sur une bande de desperados ou sur un conflit historique précis.
Le scénario de Lo Hartog van Banda privilégie les situations à retournement et les gags visuels. La lecture avance par petites démonstrations de ruse, avec une place importante accordée aux gestes, aux objets et aux réactions des personnages. Le dessin de Morris rend ces enchaînements immédiatement lisibles, même lorsque l’humour repose sur une illusion ou un détail placé dans le décor. La construction reste toutefois assez répétitive, puisqu’elle revient souvent au même principe d’affrontement.
Dans l’œuvre de Lucky Luke, l’album appartient à une période où les scénaristes autres que René Goscinny développent des adversaires conçus autour d’une idée comique précise. Fingers fonctionne ainsi davantage comme un personnage à mécanisme que comme une figure psychologiquement développée. Cette approche convient au format de la série, qui privilégie l’efficacité de la caricature et du gag à l’épaisseur narrative.
L’intérêt du volume tient surtout à la précision de sa mise en scène et à la variété des trompe-l’œil comiques. Il peut être apprécié pour son rythme et pour la manière dont Morris matérialise graphiquement la ruse. En revanche, les lecteurs qui attendent une intrigue ample, une satire historique marquée ou des personnages aussi mémorables que les Dalton peuvent le trouver plus limité.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment les albums de Lucky Luke construits autour d’un adversaire doté d’un talent comique particulier y trouveront une mécanique claire et bien exploitée.
- Les amateurs de bande dessinée franco-belge attentive au gag visuel apprécieront le rôle des objets, des gestes et des détails dans les scènes de tromperie.
- Les lecteurs qui découvrent la série peuvent y entrer facilement, car l’album repose sur une confrontation autonome et ne demande pas de connaître une continuité particulière.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une grande aventure historique ou une satire sociale développée risquent de trouver le récit trop centré sur son procédé comique.
- Ceux qui préfèrent des personnages longuement caractérisés peuvent rester à distance d’un album où l’adversaire existe surtout par son talent et ses tours.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le principe de l’affrontement entre Lucky Luke et un spécialiste de l’escamotage produit des situations comiques immédiatement compréhensibles.
- Le dessin de Morris donne aux tours de Fingers une lisibilité graphique fondée sur les gestes, les objets et les réactions des personnages.
- L’album conserve un rythme soutenu et une structure autonome, caractéristique des récits courts de la série.
Ce qui coince
- La répétition du même mécanisme de ruse finit par réduire la variété dramatique de l’album.
- Fingers est surtout défini par sa fonction comique, ce qui limite la profondeur des personnages et l’ampleur du récit.
Fiche technique
- Auteur
- Lo Hartog van Banda
- Éditeur
- Lucky Comics
- Parution
- 1983
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 12,95 €
- ISBN
- 9782884710374
Par la rédaction de Livres et pensées.