
Lucky Luke, tome 19 : Les Rivaux de Painful Gulch
de René Goscinny
4,5/5selon la rédaction
4,8/5 sur Amazon, 115 évaluations, relevé en septembre 2026
Une aventure de Lucky Luke fondée sur une querelle familiale absurde, servie par un scénario précis et un humour très visuel.
En bref
À Painful Gulch, deux familles rivales, les O’Hara et les O’Timmins, entretiennent une haine ancienne qui empoisonne toute la ville. Lucky Luke tente de mettre fin à cette guerre de voisinage, malgré l’obstination des deux clans et les incidents qu’elle provoque. René Goscinny construit une parodie de la vendetta familiale, rythmée par les gags, les malentendus et les interventions de Jolly Jumper.
À propos du livre
L’album transpose dans l’Ouest une logique de conflit familial inspirée des grandes vendettas américaines. Les O’Hara et les O’Timmins se définissent moins par des différences réelles que par les signes extérieurs de leur opposition, leurs habitudes, leurs préjugés et leur mémoire sélective. Cette mécanique permet à Goscinny de montrer comment une hostilité devenue collective se perpétue sans véritable motif encore identifiable. La satire reste légère, mais elle vise clairement l’absurdité des haines héritées et des appartenances de clan.
Le scénario repose sur une structure de comédie très maîtrisée : deux groupes symétriques, un médiateur rationnel et une suite d’obstacles qui relancent sans cesse le conflit. Les gags naissent autant des dialogues que de la répétition des comportements, avec un sens précis du contraste entre la gravité affichée par les personnages et la trivialité de leurs querelles. Le dessin de Morris accentue cette lisibilité par des silhouettes immédiatement reconnaissables et une mise en scène efficace de l’action comme des réactions collectives.
Cet album appartient à la période classique de Lucky Luke, lorsque l’association entre le dessin de Morris et les scénarios de Goscinny produit une formule particulièrement équilibrée. L’aventure conserve les ingrédients du western, saloon, chevaux, armes et petites communautés, tout en les détournant vers la comédie de mœurs. Lucky Luke y joue moins le rôle d’un héros conquérant que celui d’un agent de désordre raisonnable, confronté à une société qui préfère ses vieilles habitudes à la solution la plus simple.
La réputation de l’album tient à la netteté de son dispositif comique et à la facilité avec laquelle le lecteur comprend les rapports de force. La rivalité fonctionne immédiatement, sans nécessiter un long contexte, et les personnages secondaires forment un ensemble de types comiques plutôt qu’une galerie psychologique. Cette efficacité a toutefois une contrepartie : l’album privilégie la mécanique du gag et la caricature à une évolution approfondie des habitants de Painful Gulch. Il vaut surtout par son rythme, sa construction et sa portée satirique accessible.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient la période classique de Lucky Luke et l’humour fondé sur des situations répétitives, des dialogues nets et des personnages fortement typés.
- Les amateurs de western parodique qui cherchent une aventure courte, lisible en famille et attentive aux conventions du genre.
- Les lecteurs intéressés par les récits de rivalité collective et par la manière dont la bande dessinée transforme un conflit sérieux en comédie sociale.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une intrigue réaliste ou une étude nuancée des relations familiales risquent de trouver les personnages volontairement schématiques.
- Ceux qui préfèrent une aventure au ton sombre ou une progression narrative très développée peuvent rester à distance de cette construction essentiellement comique.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La rivalité entre les deux familles fournit une mécanique de gags claire, immédiatement compréhensible et régulièrement renouvelée.
- Le scénario associe satire des haines héritées, dialogues comiques et situations de western sans perdre en lisibilité.
- Le dessin de Morris rend les clans, les réactions de foule et les scènes d’action identifiables en quelques cases.
Ce qui coince
- Les personnages reposent sur des archétypes et évoluent peu, ce qui limite la profondeur psychologique de la querelle.
- La répétition volontaire des affrontements peut donner une impression de formule aux lecteurs peu sensibles à l’humour de situation.
Fiche technique
- Auteur
- René Goscinny
- Éditeur
- Le Lombard
- Parution
- 1962
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 10,95 €
- ISBN
- 9782800114590
Par la rédaction de Livres et pensées.