
Lucky Luke, tome 13 : L'Empereur Smith
de René Goscinny et Morris
4/5selon la rédaction
4,5/5 sur Amazon, 69 évaluations, relevé en septembre 2026
Un album satirique et accessible, qui transforme le western en comédie politique sans atteindre les sommets de la série.
En bref
Lucky Luke est confronté à Smith, un riche éleveur qui se prend pour l’empereur Napoléon et impose autour de lui les usages d’un régime impérial. Entre décorum militaire, courtisans improvisés et ambitions démesurées, le cow-boy solitaire doit composer avec une situation aussi absurde que potentiellement dangereuse.
À propos du livre
L’album détourne un ressort comique classique : l’écart entre la puissance réelle d’un homme et la grandeur qu’il s’attribue. La folie impériale de Smith permet à Goscinny de viser le culte du chef, la flatterie intéressée et les mécanismes de l’autorité, sans transformer le récit en leçon politique. La satire reste lisible pour un jeune lecteur, tandis que les adultes peuvent apprécier les références historiques et les situations inspirées par les régimes autoritaires.
La construction repose sur une montée progressive du désordre. Le cadre du western est envahi par les codes de la cour impériale, ce qui fournit une succession de contrastes visuels et de quiproquos. Morris exploite particulièrement les uniformes, les cérémonies et les attitudes théâtrales pour donner au délire de Smith une présence concrète. Le dessin demeure clair et efficace, avec un découpage qui privilégie le mouvement, la lisibilité et la chute comique.
Dans l’ensemble de Lucky Luke, L’Empereur Smith appartient aux albums où l’adversaire n’est pas seulement un bandit, mais une idée poussée jusqu’à l’absurde. Goscinny y retrouve son goût pour les institutions ridicules et les personnages enfermés dans leur propre logique, tandis que Morris maintient l’énergie du western par la mise en scène. L’album est moins fondé sur une galerie de personnages mémorables que sur un dispositif satirique solide et immédiatement compréhensible.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment la bande dessinée franco-belge mêlant aventure western, humour visuel et satire sociale y trouveront un récit très accessible.
- Les amateurs de Goscinny apprécieront la parodie du pouvoir et les dialogues construits autour du décalage entre langage officiel et réalité.
- Les familles peuvent le lire ensemble, car les gags fonctionnent à plusieurs niveaux sans exiger une connaissance particulière de l’histoire napoléonienne.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue réaliste ou une caractérisation psychologique approfondie risquent de trouver le dispositif volontairement répétitif.
- Ceux qui préfèrent les albums centrés sur les Dalton ou sur une forte galerie de personnages secondaires pourraient rester à distance de cette satire plus conceptuelle.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La parodie du pouvoir s’appuie sur des situations concrètes et reste compréhensible sans sacrifier les références historiques.
- Le dessin de Morris rend immédiatement lisibles les oppositions entre le décor western et la mise en scène impériale.
- L’humour verbal et l’humour visuel se complètent, avec des gags qui ne reposent pas uniquement sur les dialogues.
Ce qui coince
- Le principe comique de l’empereur autoproclamé est suffisamment établi pour produire quelques répétitions au fil de l’album.
- La satire vise surtout un type de comportement, ce qui laisse aux personnages une profondeur limitée.
Fiche technique
- Auteur
- René Goscinny et Morris
- Éditeur
- Lucky Comics
- Parution
- 1976
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 12,95 €
- ISBN
- 9782884710312
Par la rédaction de Livres et pensées.