
Les Vieux Fourneaux, tome 4 : La Magicienne
de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet
4/5selon la rédaction
4,8/5 sur Amazon, 404 évaluations, relevé en septembre 2026
Un épisode drôle et mordant, qui prolonge efficacement la critique sociale de la série sans renouveler entièrement sa formule.
En bref
Sophie et les trois vieux amis, Antoine, Pierrot et Mimile, se retrouvent pris dans une nouvelle affaire où les histoires personnelles croisent les tensions sociales et les souvenirs militants. Comme dans les précédents albums, l’aventure avance entre humour, solidarité et désaccords politiques.
À propos du livre
Ce quatrième volume poursuit le portrait d’une génération de retraités qui refuse de se laisser réduire à la nostalgie. Les vieux fourneaux restent des personnages engagés, parfois contradictoires, dont les convictions se heurtent aux réalités du présent. À travers eux et Sophie, l’album aborde la transmission, les rapports entre générations et la difficulté de rester fidèle à ses idées quand les circonstances changent.
Wilfrid Lupano conserve une construction fondée sur les échanges rapides, les situations burlesques et les retours sur un passé politique agité. Les dialogues portent l’essentiel de la satire, avec une langue populaire qui donne aux personnages une forte présence. Le dessin de Paul Cauuet accentue cette énergie par des expressions très lisibles et un découpage efficace, même si certaines scènes privilégient la répartie à la nuance.
La série trouve ici son équilibre habituel entre comédie de caractère et commentaire social. Les conflits ne servent pas seulement de ressorts comiques : ils révèlent des divergences de valeurs, notamment entre l’expérience des anciens et les attentes des plus jeunes. La Magicienne fonctionne donc comme un nouvel épisode cohérent, davantage fondé sur la continuité des personnages et de leur univers que sur une refonte de la formule.
L’album doit une part de sa réputation à cette combinaison accessible entre humour, personnages immédiatement identifiables et préoccupations collectives. Il peut se lire avec plaisir pour ses scènes de groupe et ses dialogues, mais son efficacité repose aussi sur la familiarité avec le trio et son entourage. Les lecteurs qui découvrent la série gagneront à commencer par le premier tome pour mesurer la profondeur de leurs relations.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les bandes dessinées mêlant humour populaire, critique sociale et personnages âgés loin des représentations convenues.
- Les amateurs de séries chorales où les dialogues, les conflits de générations et les convictions politiques structurent l’action.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue autonome et très spectaculaire, car l’album s’appuie largement sur la continuité de la série.
- Les lecteurs peu sensibles à l’humour satirique ou aux personnages volontairement vindicatifs risquent de trouver les échanges trop démonstratifs.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Les dialogues donnent à chaque personnage une voix reconnaissable et soutiennent efficacement les scènes comiques.
- La série associe des enjeux sociaux concrets à des relations familiales et amicales crédibles.
- Le dessin de Paul Cauuet rend les expressions, les attitudes et les situations collectives immédiatement lisibles.
Ce qui coince
- La formule, déjà bien installée, laisse moins de place à la surprise que dans les premiers épisodes.
- Certaines prises de position sont exposées de façon appuyée, ce qui peut réduire la complexité des débats abordés.
Fiche technique
- Auteur
- Wilfrid Lupano et Paul Cauuet
- Éditeur
- Dargaud
- Parution
- 2017
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 16,00 €
- ISBN
- 9782505065425
Par la rédaction de Livres et pensées.