
Les griffes du silence
de Emelie Schepp
3,5/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 1 300 évaluations, relevé en septembre 2026
Un polar nordique efficace, porté par une procureure complexe, mais parfois plus mécanique que réellement dérangeant.
En bref
La procureure Jana Berzelius enquête sur une affaire criminelle dont les indices la ramènent vers des zones troubles de son propre passé. Tandis que l’enquête progresse, le silence de certains témoins et les secrets des protagonistes compliquent la recherche de la vérité. Ce quatrième volet des enquêtes de Jana Berzelius mêle procédure policière, tension psychologique et exploration d’une héroïne marquée par son histoire.
À propos du livre
Le roman s’intéresse moins à la seule résolution de l’enquête qu’aux traces laissées par les violences anciennes. Jana Berzelius est une protagoniste ambivalente, dont la fonction de procureure entre en tension avec les blessures et les zones d’ombre qui la définissent. Cette dimension personnelle donne au récit un enjeu supplémentaire, sans faire disparaître les ressorts classiques du polar : collecte d’indices, interrogatoires et progression vers une vérité difficile à établir.
Emelie Schepp construit son intrigue par scènes courtes et déplacements successifs entre les différents acteurs de l’enquête. Le rythme est soutenu, avec des informations distribuées progressivement et plusieurs lignes narratives qui finissent par se rejoindre. Cette efficacité a toutefois son revers : certains enchaînements paraissent calculés pour maintenir la tension, et la psychologie peut parfois s’effacer derrière les nécessités du suspense.
Le livre s’inscrit dans la tradition du polar scandinave contemporain, avec une attention portée aux institutions, aux traumatismes et aux conséquences sociales des violences. Il ne repose pas uniquement sur une atmosphère sombre : son intérêt vient surtout de la contradiction entre la maîtrise professionnelle de Jana et ce que son passé continue de produire dans le présent. La série gagne ainsi en épaisseur à mesure que son héroïne se dévoile.
Ce volume peut se lire comme une enquête autonome, mais la compréhension complète de Jana Berzelius dépend de l’évolution engagée dans les épisodes précédents. La série doit sa réputation à cette continuité, qui transforme la procureure en véritable centre dramatique. Les lecteurs sensibles aux thrillers très structurés y trouveront une lecture fluide ; ceux qui recherchent une écriture plus singulière ou une grande profondeur sociale pourront rester à distance.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de polars nordiques qui apprécient les enquêtes rapides, les secrets de famille et les héroïnes poursuivies par leur passé.
- Les amateurs de séries policières qui veulent suivre un personnage central évoluant d’un volume à l’autre.
- Les lecteurs attirés par les thrillers mêlant procédure judiciaire et tension psychologique.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue entièrement indépendante, car le passé de Jana Berzelius se construit sur plusieurs tomes.
- Les amateurs de romans policiers lents et très introspectifs, qui peuvent trouver la narration trop orientée vers l’efficacité.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le personnage de Jana Berzelius associe compétence professionnelle, vulnérabilité et zones d’ombre sans se réduire à une héroïne consensuelle.
- La construction en séquences courtes entretient une tension régulière et rend la lecture particulièrement fluide.
- L’enquête criminelle est étroitement liée au passé de la protagoniste, ce qui donne une continuité dramatique à la série.
Ce qui coince
- Le rythme soutenu laisse parfois peu de place à l’analyse psychologique et aux nuances entre les personnages secondaires.
- Certains ressorts du suspense semblent conçus avant tout pour relancer l’action, au risque de rendre l’intrigue prévisible par moments.
Fiche technique
- Auteur
- Emelie Schepp
- Parution
- 2017
- Format
- Poche
Par la rédaction de Livres et pensées.