
Les Dieux déchus, tome 1 : Godkiller
de Hannah Kaner
3,5/5selon la rédaction
4,5/5 sur Amazon, 95 évaluations, relevé en septembre 2026
Une fantasy sombre et accessible, portée par un monde original, mais parfois plus efficace dans ses idées que dans leur approfondissement.
En bref
Dans un royaume marqué par une guerre contre les dieux, Kissen exerce le métier de déicide et traque les divinités survivantes. Lorsqu’elle rencontre Inara, une jeune fille liée à un dieu caché en elle, leurs destins se trouvent associés à celui d’Elogast, un ancien chevalier. Tous trois prennent la route, poursuivis par des forces qui menacent l’équilibre fragile du royaume.
À propos du livre
Le roman interroge la place du sacré dans une société qui a voulu supprimer les dieux. En faisant de ces divinités des êtres vulnérables, parfois réduits à survivre dans des objets ou auprès des humains, Hannah Kaner renverse les représentations habituelles de la fantasy. La foi devient une force politique et intime, tandis que la violence exercée au nom de l’ordre laisse des traces durables. Cette réflexion donne au récit une gravité réelle, même lorsque l’aventure reprend le dessus.
La construction repose sur plusieurs points de vue, qui permettent de confronter des rapports très différents à la croyance, à la culpabilité et au pouvoir. Les personnages avancent dans un monde décrit par touches successives, avec une attention particulière portée aux liens entre humains et divinités. Le style est direct, lisible et volontiers tendu, davantage tourné vers l’efficacité des scènes et des dialogues que vers une prose somptueuse. Certaines idées auraient toutefois gagné à être développées plus lentement.
Premier roman d’Hannah Kaner, Godkiller reprend des motifs classiques de la fantasy, la quête, le groupe disparate, le royaume en crise, pour les déplacer vers un univers où les dieux ne dominent plus le monde. L’originalité vient surtout de cette inversion du rapport de force et de la dimension concrète donnée au fait de tuer une divinité. Le livre vise ainsi un large lectorat, entre fantasy adulte et récit d’aventure accessible, sans renoncer à des thèmes plus sombres.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment les fantasy de quête construites autour d’un groupe de personnages aux intérêts et aux blessures très différents.
- Les amateurs d’univers où la religion, la politique et la magie sont étroitement liées.
- Les lecteurs qui recherchent une fantasy sombre mais fluide, avec une intrigue rapidement mise en mouvement.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une œuvre très littéraire, privilégiant la complexité stylistique à l’efficacité narrative.
- Les amateurs de constructions entièrement originales risquent de trouver certains ressorts de quête familiers, malgré un traitement intéressant des dieux.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La représentation de dieux vulnérables et dépendants des humains renouvelle efficacement un motif classique de la fantasy.
- Les différents points de vue donnent une place claire aux conflits de loyauté, de foi et de culpabilité.
- Le rythme et la lisibilité rendent l’univers accessible sans supprimer sa tonalité sombre.
Ce qui coince
- Le développement du monde et de certaines règles liées aux dieux reste parfois moins approfondi que ne le laissent espérer les prémices.
- Les personnages secondaires et certains enjeux politiques peuvent sembler schématiques à côté du trio principal.
Fiche technique
- Auteur
- Hannah Kaner
- Éditeur
- De Saxus
- Parution
- 2023
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 26,90 €
- ISBN
- 9782378764098
Par la rédaction de Livres et pensées.