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Livres et pensées
Couverture de Les Carnets de Joann Sfar, Greffier

Les Carnets de Joann Sfar, Greffier

de Joann Sfar

3,5/5selon la rédaction

4,4/5 sur Amazon, 4 évaluations, relevé en septembre 2026

Un carnet dense et inégal, recommandé aux lecteurs qui apprécient le dessin spontané et les réflexions sans ligne narrative classique.

En bref

Dans Greffier, Joann Sfar poursuit son travail de carnet en mêlant dessins, scènes quotidiennes, réflexions, souvenirs et considérations sur l’art. L’ouvrage privilégie l’association libre plutôt qu’un récit continu, avec une parole très présente et un regard volontiers ironique.

À propos du livre

Ce volume ne raconte pas une histoire au sens traditionnel. Il assemble des fragments qui peuvent relever de l’observation, de l’anecdote, de la méditation ou de la plaisanterie, sans chercher à les ordonner en intrigue. Le titre de greffier souligne cette volonté d’enregistrer le monde, les idées et les images au fil de leur apparition. La lecture repose donc moins sur l’attente d’un dénouement que sur la découverte progressive d’une sensibilité et d’une manière de penser.

Le dessin conserve l’énergie caractéristique des carnets de Sfar : traits rapides, silhouettes expressives, compositions parfois débordantes et alternance entre texte et image. Cette spontanéité produit une impression de proximité, mais elle peut aussi rendre certaines pages moins immédiatement lisibles. L’auteur accepte les détours, les changements de sujet et les contradictions, ce qui donne à l’ensemble une forme ouverte, proche d’un journal graphique davantage que d’un album construit selon les codes classiques de la bande dessinée.

Greffier s’inscrit dans la partie la plus personnelle de l’œuvre de Joann Sfar, parallèlement à ses récits dessinés et à ses travaux de scénariste. Les Carnets ont contribué à installer une forme hybride, située entre bande dessinée, dessin d’observation et littérature intime. Leur intérêt tient à cette liberté de ton et à la présence directe de l’auteur, mais cette même liberté peut laisser à distance les lecteurs qui recherchent une progression narrative nette ou un univers longuement développé.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs intéressés par les carnets d’artistes et les livres où le dessin sert autant à réfléchir qu’à raconter y trouveront une parole très personnelle.
  • Les amateurs de Joann Sfar qui souhaitent suivre son regard sur la création et la vie quotidienne apprécieront ce format plus fragmentaire que ses albums narratifs.
  • Les lecteurs de bande dessinée qui acceptent une construction libre pourront y observer le rapport étroit entre texte, geste graphique et pensée en mouvement.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent une intrigue continue, des personnages développés et une véritable résolution risquent de trouver l’ensemble trop discontinu.
  • Les personnes peu sensibles au dessin volontairement esquissé pourront juger la spontanéité graphique inégale ou insuffisamment travaillée.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le livre fait du fragment et de l’association libre une véritable forme de narration.
  • Le trait rapide et expressif donne aux scènes une présence immédiate.
  • Le texte et le dessin se répondent sans que l’un serve simplement d’illustration à l’autre.

Ce qui coince

  • L’absence de progression narrative rend la lecture irrégulière et demande une attention plus disponible.
  • Les digressions et les variations de ton peuvent produire une impression de dispersion, surtout chez les lecteurs peu familiers des carnets de Sfar.

Fiche technique

Auteur
Joann Sfar
Éditeur
Delcourt
Parution
2007
Format
Broché
Prix éditeur
20,50 €
ISBN
9782756010649

Par la rédaction de Livres et pensées.