
Les Annales du Disque-Monde, tome 10 : Les Zinzins d’Olive-Oued
de Terry Pratchett
4/5selon la rédaction
4,5/5 sur Amazon, 162 évaluations, relevé en septembre 2026
Une satire inventive du cinéma et de ses illusions, portée par l’humour, les jeux de langage et une imagination très libre.
En bref
À Olive-Oued, une nouvelle invention venue d’un passé oublié bouleverse le Disque-Monde : le cinéma. Victor Tugelbend, étudiant peu motivé, et Ginger, une jeune femme mystérieuse, se retrouvent au centre de cette fièvre qui gagne la ville et attire jusqu’aux mages de l’Université de l’Invisible. Terry Pratchett détourne les codes d’Hollywood, du film d’aventures et du récit de fabrication d’un spectacle, dans une aventure burlesque où les images semblent avoir leur propre volonté.
À propos du livre
Ce dixième volume des Annales du Disque-Monde s’attaque au cinéma comme industrie du rêve, machine à fabriquer des vedettes et moyen de transformer le réel en spectacle. Olive-Oued devient une parodie d’Hollywood, avec ses producteurs opportunistes, ses figurants, ses scénarios interchangeables et son public avide d’illusions. Derrière les gags, le roman examine la puissance des images et la facilité avec laquelle une promesse de célébrité peut modifier les comportements. La satire reste légère, mais elle vise juste lorsqu’elle oppose la création collective aux ambitions individuelles.
La construction repose sur plusieurs fils comiques qui finissent par converger : les débuts hésitants de Victor, le parcours de Ginger, l’agitation des mages et les interventions de personnages familiers du Disque-Monde. Pratchett alterne scènes d’action, dialogues absurdes, références cinématographiques et détournements de langage. Cette profusion donne au récit une énergie certaine, même si certains épisodes paraissent plus autonomes que d’autres. Le rythme est celui d’une comédie foisonnante, où une plaisanterie visuelle peut côtoyer une remarque sur les mécanismes du pouvoir ou de la réputation.
Le roman appartient à la veine parodique des Annales, mais il ne se limite pas à transposer des films connus dans un univers fantastique. Il s’intéresse aussi à la fabrication d’un récit : qui choisit ce que le public voit, qui joue les héros, qui reste dans l’ombre et qui profite du spectacle. Les mages de l’Université de l’Invisible apportent leur logique de vieux savants désorganisés, tandis que les habitants d’Ankh-Morpork donnent à l’ensemble une dimension sociale et satirique. L’univers reste accessible sans connaître chaque épisode précédent.
La réputation de ce volume tient à la rencontre particulièrement naturelle entre l’imaginaire de Pratchett et les conventions du cinéma populaire. Les références sont nombreuses, mais elles ne constituent pas le seul ressort comique : le livre fonctionne aussi par ses personnages, ses situations et son observation des illusions collectives. Comme souvent chez l’auteur, la fantaisie sert à parler de comportements très ordinaires, de la vanité au désir de reconnaissance. Les lecteurs qui apprécient les intrigues parfaitement resserrées pourront toutefois trouver cette abondance un peu dispersée.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment les satires du cinéma, avec des références nombreuses mais intégrées à une véritable aventure fantastique.
- Les amateurs de Terry Pratchett qui apprécient les volumes centrés sur une idée de société, ici la fabrication des images et de la célébrité.
- Les lecteurs recherchant un humour fondé sur les jeux de mots, les personnages excentriques et les détournements de genres populaires.
À éviter si
- Les lecteurs qui préfèrent une intrigue réaliste, sobre ou strictement linéaire risquent de se lasser de cette accumulation de gags et de digressions.
- Les personnes peu sensibles à l’humour parodique et aux références cinématographiques trouveront probablement le récit moins consistant sur le plan dramatique.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La satire du cinéma combine références de genre et réflexion lisible sur la fabrication des illusions.
- Les jeux de langage, les dialogues et les situations comiques donnent au récit une inventivité constante.
- Les personnages secondaires et les mages de l’Université de l’Invisible élargissent la farce au fonctionnement de toute une société.
Ce qui coince
- La profusion de personnages et de péripéties disperse parfois l’intrigue principale.
- Certaines références et plaisanteries reposent sur des codes cinématographiques qui peuvent perdre de leur effet pour les lecteurs peu familiers du genre.
Fiche technique
- Auteur
- Terry Pratchett
- Éditeur
- Parution
- 1990
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 9,60 €
- ISBN
- 9782266111966
Par la rédaction de Livres et pensées.