
Le Temps du mépris
de Andrzej Sapkowski
4/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 48 évaluations, relevé en septembre 2026
Une fantasy politique plus ample et plus sombre, exigeante dans ses dialogues, qui approfondit efficacement les tensions de la saga.
En bref
Geralt tente de protéger Ciri alors que les royaumes du Nord et l’empire de Nilfgaard se rapprochent d’un conflit ouvert. Dans un monde dominé par les rivalités politiques, les mages et les souverains poursuivent leurs propres stratégies, tandis que les personnages sont contraints de choisir leur camp.
À propos du livre
Ce deuxième tome fait de la politique le véritable moteur de l’intrigue. Les destinées individuelles de Geralt, Ciri et Yennefer se trouvent prises dans des rapports de force qui dépassent largement les affrontements entre monstres. Sapkowski s’intéresse aux conséquences humaines des décisions prises par les dirigeants, aux manipulations diplomatiques et à la fragilité des alliances. La fantasy sert ici à observer un monde où la raison d’État, les préjugés et la peur pèsent davantage que les principes affichés.
La construction alterne scènes d’action, conversations stratégiques et moments plus intimes. Les dialogues, souvent ironiques et rapides, donnent au récit une tonalité moins héroïque que désabusée. L’auteur ne distribue pas simplement les rôles entre le bien et le mal : les personnages agissent selon des intérêts contradictoires, parfois avec lucidité, parfois sous l’effet de leurs illusions. Cette complexité enrichit l’univers, même si la multiplication des factions et des noms demande une attention soutenue.
Le Temps du mépris marque une étape importante dans la saga du Sorceleur. Après les récits plus autonomes des premiers volumes, l’histoire prend une ampleur véritablement romanesque et installe durablement ses enjeux géopolitiques. Geralt conserve sa position de personnage central, mais le récit accorde une place croissante à Ciri et à Yennefer. Cette redistribution des points de vue élargit la portée de la série et transforme la chasse aux monstres en réflexion sur le pouvoir, la violence et la responsabilité.
La réputation du livre tient autant à son univers qu’à son refus des conventions de la fantasy classique. Les créatures et la magie restent présentes, mais elles ne constituent jamais un simple décor spectaculaire. Sapkowski privilégie les ambiguïtés morales, les rapports de domination et un humour parfois mordant. Cette orientation donne au volume une densité particulière, tout en pouvant frustrer les lecteurs qui attendent une progression linéaire ou une aventure centrée exclusivement sur Geralt.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de fantasy politique qui apprécient les intrigues de pouvoir, les alliances instables et les personnages moralement ambigus.
- Les amateurs de sagas où l’univers s’élargit progressivement et où les dialogues occupent une place importante.
- Les lecteurs déjà attachés aux personnages du Sorceleur, qui souhaitent voir la série passer à une échelle plus vaste.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une quête simple, un manichéisme net et une intrigue facile à suivre entre deux scènes d’action.
- Les lecteurs peu sensibles aux longues discussions politiques ou aux récits comportant de nombreuses factions et relations entre personnages.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Les enjeux politiques donnent une profondeur nouvelle à l’univers du Sorceleur.
- Les dialogues associent ironie, tension et caractérisation précise des personnages.
- Le récit développe Ciri et Yennefer sans effacer la singularité de Geralt.
Ce qui coince
- La multiplication des camps et des intérêts rend certains passages difficiles à suivre, surtout si les précédents volumes sont éloignés dans le temps.
- L’action est parfois suspendue par de longues séquences explicatives, ce qui ralentit la lecture pour les amateurs de fantasy plus directe.
Fiche technique
- Auteur
- Andrzej Sapkowski
- Éditeur
- Bragelonne
- Parution
- 1995
- Format
- Broché
- ISBN
- 9782352942849
Par la rédaction de Livres et pensées.