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Livres et pensées
Couverture de Le Tartuffe

Le Tartuffe

de Molière

4,5/5selon la rédaction

4,6/5 sur Amazon, 1 000 évaluations, relevé en septembre 2026

Une comédie de caractère et de langage, toujours efficace contre l’aveuglement moral et les faux dévots.

En bref

Orgon, maître de maison fortuné, accorde une confiance aveugle à Tartuffe, un homme qui affiche une dévotion exemplaire. Sa famille, qui perçoit l’imposture, tente de lui ouvrir les yeux, tandis que cette présence menace les équilibres domestiques et les projets de chacun.

À propos du livre

Le sujet dépasse la seule satire religieuse. Molière montre comment le désir de croire peut suspendre le jugement, désarmer l’autorité familiale et donner à un manipulateur une influence disproportionnée. La pièce observe aussi les tensions entre générations, entre mariage arrangé et choix amoureux, entre obéissance et lucidité. La critique vise moins la foi que son exploitation sociale et théâtrale par ceux qui savent adopter les signes attendus de la vertu.

La construction repose sur une montée de la tension domestique, nourrie par les malentendus, les affrontements et les scènes d’exposition de la duplicité. Les personnages se définissent autant par leur manière de parler que par leurs actes : emportement d’Orgon, franchise de Dorine, prudence d’Elmire, dévotion affichée de Tartuffe. L’alexandrin donne à la dispute une précision et une vigueur particulières, tandis que les changements de rythme entretiennent la dimension comique.

Dans l’œuvre de Molière, Le Tartuffe occupe une place centrale parmi les grandes comédies de caractère. La pièce associe une intrigue de famille lisible à une réflexion sur l’autorité, le langage et le pouvoir de la représentation. Sa réputation tient à cet équilibre : les situations restent accessibles, mais les rapports de domination qu’elles révèlent ne se limitent pas à leur contexte historique. Le texte conserve ainsi une portée satirique sans perdre sa mécanique scénique.

La pièce peut se lire rapidement, mais elle gagne à être entendue ou jouée, car les silences, les interruptions et les changements d’adresse donnent leur pleine mesure aux rapports de force. Certaines conventions du théâtre classique et certains développements moraux peuvent paraître appuyés à un lecteur contemporain. Elles participent toutefois à la netteté de la démonstration et permettent aux répliques de faire progresser simultanément l’action et le jugement porté sur les personnages.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui souhaitent découvrir un grand classique du théâtre français à travers une intrigue familiale immédiatement compréhensible.
  • Les amateurs de satire sociale et de dialogues construits autour du mensonge, de la posture et de la manipulation.
  • Les étudiants qui cherchent une pièce propice à l’analyse du comique, de l’alexandrin et de la critique de l’hypocrisie.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent une psychologie très intériorisée ou une intrigue réaliste au sens contemporain risquent de trouver les caractères fortement typés.
  • Ceux qui supportent mal les conventions du théâtre classique peuvent juger certains affrontements trop démonstratifs.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • La pièce transforme l’hypocrisie en moteur dramatique concret, visible dans les gestes, les discours et les rapports d’autorité.
  • Les répliques donnent à chaque personnage une voix identifiable et font du langage un instrument de résistance ou de domination.
  • La progression des scènes associe efficacement comique de situation, satire morale et tension familiale.

Ce qui coince

  • Les personnages sont construits comme des types comiques, ce qui réduit parfois la complexité de leurs motivations.
  • La démonstration contre la fausse dévotion est si claire qu’elle laisse peu de place à l’ambiguïté morale.

Fiche technique

Auteur
Molière
Éditeur
Gallimard
Parution
1669
Format
Poche
Prix éditeur
2,00 €
ISBN
9782070449941

Par la rédaction de Livres et pensées.