
Le Sortilège de Babylone
de Anne Rice
3,5/5selon la rédaction
4,3/5 sur Amazon, 34 évaluations, relevé en septembre 2026
Un roman gothique ambitieux, porté par une voix surnaturelle, mais ralenti par ses développements historiques et métaphysiques.
En bref
À New York, Azriel, un être immortel venu de l’ancienne Babylone, se trouve mêlé au meurtre d’une jeune femme. Son enquête le ramène à l’histoire de sa propre existence, à ses origines et aux forces religieuses qui l’ont façonnée.
À propos du livre
Le roman s’intéresse moins à la résolution policière du meurtre qu’aux questions d’identité, de culpabilité et de croyance. À travers Azriel, Anne Rice explore la frontière instable entre démon, dieu et homme, ainsi que la manière dont les religions interprètent ou transforment les puissances surnaturelles. L’arrière-plan babylonien donne au récit une dimension historique et mythologique, tandis que le cadre contemporain permet de confronter ces croyances anciennes à la rationalité moderne.
La construction repose sur un dialogue entre deux époques et sur une narration très personnelle, qui donne une large place aux souvenirs, aux méditations et aux récits enchâssés. Le style de Rice est ample, sensuel et volontiers baroque. Cette abondance crée une atmosphère singulière, mais elle ralentit aussi l’action : les explications sur les origines d’Azriel et les débats spirituels occupent parfois davantage d’espace que l’enquête elle-même.
Le livre s’inscrit dans la veine fantastique d’Anne Rice, mais il se distingue de ses romans de vampires par son intérêt marqué pour les civilisations anciennes et l’histoire des religions. Le surnaturel n’y sert pas seulement à produire de l’effroi : il devient un moyen de questionner la mémoire, le libre arbitre et le besoin humain de donner un sens au mal. Cette ambition enrichit le roman, tout en le rendant moins immédiatement accessible.
La réputation du livre tient surtout à son univers, à la voix d’un narrateur qui traverse les siècles et à la richesse de ses références mythologiques. Les lecteurs sensibles au gothique érudit y trouveront une œuvre plus contemplative que spectaculaire. Ceux qui attendent un thriller fantastique resserré peuvent, en revanche, être déconcertés par les longueurs, les digressions théologiques et une intrigue qui progresse par détours.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de fantastique gothique qui apprécient les immortels, les récits de damnation et les atmosphères sombres.
- Les lecteurs intéressés par la mythologie mésopotamienne, l’histoire des religions et les romans qui interrogent la nature du divin.
- Les amateurs d’Anne Rice qui préfèrent ses textes les plus baroques et méditatifs à une intrigue strictement menée.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent un thriller rapide, centré sur une enquête efficace et des rebondissements fréquents.
- Les lecteurs peu sensibles aux longues méditations métaphysiques ou aux reconstitutions historiques détaillées.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’univers relie avec cohérence mythologie babylonienne, fantastique et interrogation religieuse.
- La voix d’Azriel donne au récit une perspective originale, marquée par la mémoire et l’expérience des siècles.
- L’écriture baroque installe une atmosphère dense, sensuelle et funèbre.
Ce qui coince
- Les digressions historiques et théologiques ralentissent nettement le rythme, sans toujours approfondir l’intrigue.
- La construction par récits rétrospectifs demande une attention soutenue et peut maintenir les personnages secondaires à distance.
Fiche technique
- Auteur
- Anne Rice
- Éditeur
- Parution
- 1996
- Format
- Poche
- ISBN
- 9782266238496
Par la rédaction de Livres et pensées.