
Le Sicilien
de Molière
3,5/5selon la rédaction
4,3/5 sur Amazon, 47 évaluations, relevé en septembre 2026
Une comédie brève et vive, où Molière transforme la jalousie en critique du pouvoir de possession.
En bref
À Palerme, Dom Pèdre retient près de lui Isidore, une jeune Grecque dont il est amoureux, tout en la surveillant avec jalousie. Pour approcher celle qu’il aime, Adraste doit recourir au déguisement et à la ruse. Cette comédie en un acte met en jeu le désir, la liberté et les artifices du théâtre.
À propos du livre
Sous l’intrigue amoureuse, Molière examine une forme de domination très concrète : Dom Pèdre confond l’amour avec le droit de disposer d’une personne. Sa jalousie ne produit pas seulement des scènes comiques, elle révèle une peur de perdre le contrôle. Face à lui, les personnages qui désirent vivre et aimer librement doivent contourner la surveillance, ce qui donne à la pièce une portée critique nette malgré sa brièveté.
Le Sicilien repose sur une mécanique théâtrale rapide, fondée sur les déguisements, les quiproquos et le renversement des apparences. L’action avance par ruses successives plutôt que par longues conversations psychologiques. La pièce associe le texte parlé à la musique et à la danse, dans une forme conçue pour le spectacle. Cette dimension explique à la fois son allant scénique et l’impression de légèreté qui peut en limiter la profondeur pour certains lecteurs.
Cette œuvre appartient à la veine de Molière qui transforme un défaut individuel en comportement social observable. Comme dans plusieurs de ses comédies, l’autorité masculine, la possession et les conventions amoureuses deviennent des ressorts comiques, mais aussi des objets de contestation. Le Sicilien est toutefois une pièce de format réduit, plus proche d’un divertissement théâtral très construit que d’une grande comédie de caractère.
Sa réputation tient surtout à l’efficacité de sa situation et à la netteté de sa satire. Le texte offre un accès direct au théâtre de Molière, avec des enjeux lisibles et une langue généralement abordable. Il intéresse particulièrement lorsqu’il est replacé dans les spectacles mêlant comédie, musique et danse, car sa construction prend alors tout son sens. En lecture isolée, sa brièveté peut laisser une impression d’œuvre secondaire, malgré la précision de ses procédés.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui souhaitent découvrir une comédie courte de Molière, centrée sur la jalousie, les rapports de pouvoir et les jeux de scène.
- Les élèves et étudiants qui cherchent un texte accessible pour analyser le déguisement, le quiproquo et la critique de la domination amoureuse.
- Les amateurs de théâtre mêlé de musique et de danse, intéressés par les formes spectaculaires du XVIIe siècle.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une intrigue développée et des personnages longuement approfondis risquent de trouver la pièce trop brève.
- Ceux qui préfèrent les comédies de Molière les plus riches en scènes et en caractères peuvent la juger mineure.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La pièce transforme la jalousie en critique lisible de la possession et du contrôle exercé sur autrui.
- Les déguisements et les quiproquos organisent une action rapide, efficace sur scène comme à la lecture.
- L’association de la comédie, de la musique et de la danse donne au texte une forme spectaculaire caractéristique de son contexte.
Ce qui coince
- Le format très court réduit le développement psychologique des personnages, ce qui rend certains enjeux plus schématiques.
- La dimension de divertissement musical et chorégraphique peut perdre de son impact dans une lecture uniquement textuelle.
Fiche technique
- Auteur
- Molière
- Éditeur
- Nathan
- Parution
- 1667
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 3,20 €
- ISBN
- 9782091887401
Par la rédaction de Livres et pensées.