
Le Sermon sur la chute de Rome
de Jérôme Ferrari
4,5/5selon la rédaction
3,9/5 sur Amazon, 493 évaluations, relevé en septembre 2026
Un roman dense sur les idéaux collectifs, leur dégradation et les récits que les hommes construisent pour lui donner sens.
En bref
En Corse, deux étudiants en philosophie reprennent un bar de village avec l’ambition d’en faire un lieu de vie idéal. Leur projet se confronte peu à peu aux rapports de force, aux désillusions et aux faiblesses humaines. Le roman met cette histoire en regard de celle d’une famille et d’un monde méditerranéen traversés par la violence du temps.
À propos du livre
Le livre examine la manière dont une communauté se forme, puis se défait, sans réduire cette évolution à une simple opposition entre idéal et réalité. Le bar devient un espace où se concentrent les questions de pouvoir, de désir, d’argent et de transmission. À travers lui, Jérôme Ferrari interroge aussi la tentation de croire qu’un groupe humain pourrait échapper aux mécanismes ordinaires de la domination et de la corruption.
La construction repose sur des récits qui se répondent et sur une temporalité ample, reliant l’expérience des jeunes hommes à l’histoire familiale et à une réflexion plus générale sur les civilisations. Le titre renvoie à saint Augustin et à la chute de Rome, cadre intellectuel qui donne au roman sa portée méditative. La prose est travaillée, parfois ample et fortement abstraite, mais elle reste ancrée dans des scènes concrètes et des relations tendues.
Le roman s’inscrit dans une œuvre attentive aux illusions collectives, aux héritages et aux formes de violence dissimulées derrière les discours de progrès ou de fraternité. Sa réputation tient notamment à l’équilibre entre une matière romanesque très située, la Corse et un village, et une ambition philosophique plus large. Le prix Goncourt obtenu en 2012 a consacré cette capacité à faire d’une histoire locale une réflexion sur le déclin des mondes humains.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les romans d’idées où les questions philosophiques restent liées à des personnages et à des conflits concrets.
- Les lecteurs intéressés par les récits de communautés, de transmission familiale et de désillusion politique ou sociale.
- Les lecteurs qui acceptent une narration exigeante, avec plusieurs époques et des développements réflexifs importants.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue rapide, centrée sur l’action et la progression linéaire d’un seul personnage.
- Les lecteurs peu sensibles aux romans fortement construits autour d’une référence historique et philosophique, qui pourront juger certains passages trop démonstratifs.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le roman fait d’un bar de village un véritable laboratoire des rapports de pouvoir et des illusions communautaires.
- Les récits imbriqués donnent une profondeur historique et familiale à une intrigue pourtant concentrée dans un espace restreint.
- La prose associe précision des situations, ampleur méditative et cohérence avec la réflexion sur la chute des civilisations.
Ce qui coince
- Les développements philosophiques et les phrases longues ralentissent parfois la lecture et éloignent l’émotion immédiate.
- La construction en échos et en changements de temporalité demande une attention constante, surtout dans les passages les plus réflexifs.
Fiche technique
- Auteur
- Jérôme Ferrari
- Éditeur
- Actes Sud
- Parution
- 2012
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 8,20 €
- ISBN
- 9782330022808
Par la rédaction de Livres et pensées.