
Le Nom de la rose, tome 2
de Milo Manara
4/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 73 évaluations, relevé en septembre 2026
Une adaptation ambitieuse et visuellement maîtrisée, destinée surtout aux lecteurs déjà sensibles au roman d’Umberto Eco.
En bref
Dans cette seconde partie, Guillaume de Baskerville et son jeune disciple Adso poursuivent leur enquête au sein d’une abbaye frappée par une série de morts mystérieuses. Autour d’eux, les tensions religieuses, les rivalités intellectuelles et les secrets de la bibliothèque se resserrent. Milo Manara transpose le roman d’Umberto Eco dans une bande dessinée d’atmosphère, où l’enquête policière côtoie la réflexion théologique et le goût du manuscrit médiéval.
À propos du livre
Cette adaptation conserve la double nature du récit original : une enquête criminelle menée dans un lieu clos et un roman d’idées consacré au savoir, à l’interprétation et aux conflits religieux. Le cadre monastique ne sert pas seulement de décor gothique : il organise les rapports de pouvoir, la circulation de l’information et la peur. Le deuxième tome approfondit ainsi les enjeux déjà installés plutôt qu’il ne les simplifie en simple intrigue policière.
Le travail de Manara repose d’abord sur la puissance des images. L’abbaye, ses couloirs, ses salles et ses visages composent un espace dense, chargé de signes et de menaces. Le découpage privilégie la lisibilité de l’action, tout en ménageant des scènes de contemplation et de discussion. Cette approche rend accessibles certains aspects du roman, mais elle réduit nécessairement la place accordée aux longues digressions érudites d’Umberto Eco.
Le livre s’inscrit dans la tradition des adaptations littéraires ambitieuses, qui cherchent moins à résumer une œuvre qu’à en proposer une lecture personnelle. Manara ne rivalise pas avec le roman sur le terrain de l’érudition : il mise sur la composition, la matérialité du décor et la présence des personnages. Cette transposition intéressera donc autant les amateurs de bande dessinée historique que les lecteurs curieux de voir comment un texte complexe change de rythme et de langage.
La réputation du Nom de la rose tient à l’équilibre entre mystère, histoire médiévale et réflexion sur le pouvoir des livres. Cette version bénéficie d’un matériau narratif exceptionnel et d’un dessinateur immédiatement identifiable. Elle demande toutefois une certaine familiarité avec l’univers d’Eco pour que ses allusions et ses enjeux intellectuels prennent toute leur ampleur. Comme souvent dans une adaptation en deux volumes, elle gagne en efficacité ce qu’elle perd en profondeur explicative.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les bandes dessinées historiques construites autour d’une enquête et d’un cadre médiéval détaillé.
- Les lecteurs d’Umberto Eco qui souhaitent retrouver son univers sous une forme plus visuelle, sans attendre une restitution intégrale de son érudition.
- Les amateurs de Milo Manara intéressés par une œuvre plus narrative et moins centrée sur le registre érotique qui a largement contribué à sa notoriété.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une adaptation exhaustive du roman d’Umberto Eco, car la bande dessinée condense inévitablement les développements philosophiques et historiques.
- Les lecteurs peu sensibles aux récits d’atmosphère, aux débats théologiques et aux références médiévales risquent de trouver le rythme irrégulier.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dessin de Milo Manara donne à l’abbaye une présence visuelle cohérente, labyrinthique et immédiatement identifiable.
- L’adaptation maintient la coexistence entre enquête criminelle, réflexion religieuse et lutte autour du savoir.
- Le découpage rend lisibles des situations et des relations complexes sans renoncer à une véritable ambition littéraire.
Ce qui coince
- La condensation du roman réduit la place des digressions et des raisonnements qui faisaient la singularité de l’œuvre d’Umberto Eco.
- La lecture du deuxième tome est difficile à dissocier du premier et suppose de connaître les personnages et les tensions déjà en place.
Fiche technique
- Auteur
- Milo Manara
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 2024
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 18,00 €
- ISBN
- 9782344067161
Par la rédaction de Livres et pensées.