
Le Nom de la rose, tome 1 : Livre premier
de Milo Manara
3,5/5selon la rédaction
4,7/5 sur Amazon, 192 évaluations, relevé en septembre 2026
Une adaptation ambitieuse et visuellement maîtrisée, qui transpose l’enquête médiévale d’Eco sans égaler toute sa profondeur théorique.
En bref
Dans une abbaye bénédictine du XIVe siècle, le franciscain Guillaume de Baskerville et son jeune novice Adso arrivent alors que plusieurs morts suspectes troublent la communauté. Chargé d’éclaircir ces événements, Guillaume se heurte aux silences, aux rivalités et aux tensions religieuses qui traversent le monastère. Milo Manara adapte ici le premier volet du roman d’Umberto Eco dans une bande dessinée historique, policière et érudite, où l’enquête progresse au milieu des débats théologiques et des conflits de pouvoir.
À propos du livre
Cette adaptation conserve le cadre central du roman d’Umberto Eco : une abbaye isolée, une série de morts énigmatiques et une enquête menée par un religieux à l’esprit rationnel. Le récit fait également place aux oppositions qui structurent la communauté, entre austérité monastique, querelles doctrinales et affrontements politiques. Sans pouvoir reprendre toute la densité documentaire de l’original, la bande dessinée maintient l’idée d’un mystère indissociable d’un monde où les livres, les croyances et l’autorité déterminent la manière de comprendre les faits.
Le travail de Manara repose d’abord sur la mise en scène visuelle. L’architecture de l’abbaye, les visages, les costumes et les espaces clos donnent à l’enquête une matérialité précise, tandis que les scènes de discussion ralentissent volontairement l’action pour faire entendre les enjeux intellectuels. Cette alternance entre progression policière et exposition historique peut produire une lecture plus dense qu’ordinaire dans une bande dessinée d’aventure. Elle permet toutefois de préserver une part importante du caractère spéculatif et théologique du récit d’Eco.
Le choix d’adapter Le Nom de la rose s’inscrit dans une démarche différente des récits érotiques qui ont largement établi la réputation de Manara. Son dessin reste immédiatement identifiable, mais il se met ici au service d’une reconstitution médiévale et d’une narration chorale. L’entreprise consiste moins à simplifier entièrement le roman qu’à en retenir les lignes dramatiques et l’atmosphère, avec le risque inhérent à toute transposition : certains développements intellectuels deviennent plus allusifs, et les personnages disposent de moins d’espace pour déployer leur complexité.
L’intérêt du volume tient donc à l’équilibre recherché entre fidélité et autonomie. Les lecteurs du roman retrouveront ses lieux, ses tensions et son dispositif d’enquête, mais cette version ne remplace pas l’expérience de lecture d’Eco, notamment pour tout ce qui concerne les références historiques, philosophiques et sémiotiques. Elle constitue plutôt une porte d’entrée graphique vers cet univers, ainsi qu’une relecture d’auteur qui privilégie l’image, le rythme des séquences et la présence concrète du décor.
pourQui:[
Les lecteurs attirés par les enquêtes historiques et les récits médiévaux trouveront ici un cadre documenté et une intrigue structurée autour d’un mystère.
Les amateurs de Milo Manara pourront découvrir une facette plus historique et narrative de son travail, portée par un dessin attentif aux décors et aux corps.
Les lecteurs d’Umberto Eco intéressés par les adaptations graphiques y trouveront une transposition identifiable, sans attendre la même profondeur argumentative que dans le roman.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs attirés par les enquêtes historiques et les récits médiévaux trouveront ici un cadre documenté et une intrigue structurée autour d’un mystère.
- Les amateurs de Milo Manara pourront découvrir une facette plus historique et narrative de son travail, portée par un dessin attentif aux décors et aux corps.
- Les lecteurs d’Umberto Eco intéressés par les adaptations graphiques y trouveront une transposition identifiable, sans attendre la même profondeur argumentative que dans le roman.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une adaptation exhaustive du roman d’Eco risquent de regretter la réduction des développements philosophiques et théologiques.
- Les lecteurs peu sensibles aux longues scènes de dialogue ou aux récits historiques très documentés peuvent trouver le rythme inégal.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La reconstitution visuelle de l’abbaye donne au lieu une fonction narrative et une atmosphère immédiatement lisible.
- L’adaptation préserve l’articulation entre enquête criminelle, conflits religieux et luttes de pouvoir.
- Le découpage alterne efficacement scènes d’action, observations du décor et discussions érudites.
Ce qui coince
- La densité intellectuelle du roman d’Eco est nécessairement réduite, ce qui rend certains enjeux plus rapides ou plus implicites.
- Le rythme peut ralentir lorsque les dialogues explicatifs prennent le pas sur l’enquête.
Fiche technique
- Auteur
- Milo Manara
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 2023
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 18,00 €
- ISBN
- 9782344049754
Par la rédaction de Livres et pensées.