
Le Goût de l'immortalité
de Catherine Dufour
4,5/5selon la rédaction
4/5 sur Amazon, 48 évaluations, relevé en septembre 2026
Une science-fiction littéraire, sombre et inventive, pour les lecteurs qui privilégient la langue et les idées à l’action.
En bref
Dans un futur lointain marqué par les épidémies, la pollution et de profondes inégalités, une femme revient sur une existence façonnée par la quête de longévité. Catherine Dufour construit un monde où le progrès médical n’a pas supprimé la violence sociale, mais l’a déplacée vers les corps et les plus vulnérables.
À propos du livre
Le roman explore l’immortalité moins comme une victoire scientifique que comme une question politique et sociale. Qui peut réellement espérer vivre plus longtemps, dans quelles conditions, et au prix de quelles transformations du corps ? À travers ce futur dégradé, Catherine Dufour met en tension le désir de durer et la persistance de la maladie, de la pauvreté et de la domination. La science-fiction sert ici à examiner des mécanismes très reconnaissables, plutôt qu’à proposer une simple aventure d’anticipation.
La construction repose largement sur une parole rétrospective, qui donne au récit une tonalité de confession et de témoignage. Cette forme permet de faire émerger progressivement les informations sur le monde, sans les présenter comme un exposé encyclopédique. Le style est dense, travaillé, parfois volontairement rugueux, avec un goût marqué pour les images organiques et les détails sensoriels. La lecture demande donc davantage d’attention qu’un récit d’action classique, mais cette exigence participe pleinement à l’atmosphère du livre.
Le Goût de l’immortalité occupe une place singulière dans la science-fiction française contemporaine : c’est un texte bref, littéraire et spéculatif, qui privilégie la voix, l’ambiance et les implications morales de son univers. Catherine Dufour y montre déjà une capacité à mêler imagination scientifique, satire sociale et recherche stylistique. Sa réputation tient notamment à cette combinaison peu fréquente entre une vision pessimiste du futur et une écriture suffisamment personnelle pour ne pas réduire le roman à son idée de départ.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de science-fiction qui aiment les futurs dystopiques centrés sur les inégalités, les corps et les conséquences sociales du progrès médical.
- Les lecteurs attirés par une écriture singulière, une narration rétrospective et une atmosphère plus oppressante que spectaculaire.
- Les amateurs de romans courts qui préfèrent une forte densité d’idées à une intrigue abondante.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent avant tout de l’action, des péripéties nombreuses ou un univers expliqué de manière progressive et exhaustive.
- Les lecteurs sensibles aux récits très sombres et aux descriptions physiques appuyées peuvent trouver son imaginaire éprouvant.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le roman associe une spéculation sur l’immortalité à une critique concrète des inégalités sociales.
- La narration rétrospective donne au récit une voix identifiable et une tonalité de témoignage.
- L’écriture, sensorielle et dense, construit une atmosphère de futur malade sans se limiter aux conventions de la science-fiction d’aventure.
Ce qui coince
- La densité stylistique et la progression par révélations peuvent rendre l’entrée dans le récit exigeante.
- La noirceur de l’univers laisse peu de place à l’apaisement, ce qui peut réduire l’adhésion de lecteurs recherchant une science-fiction plus équilibrée.
Fiche technique
- Auteur
- Catherine Dufour
- Éditeur
- Le Livre de Poche
- Parution
- 2005
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 8,70 €
- ISBN
- 9782253119296
Par la rédaction de Livres et pensées.