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Livres et pensées
Couverture de Le diable par la queue

Le diable par la queue

de Paul Auster

4/5selon la rédaction

4,3/5 sur Amazon, 3 évaluations, relevé en septembre 2026

Un récit lucide sur la précarité des débuts littéraires, plus intéressant par ses questions que par son ampleur narrative.

En bref

Paul Auster revient sur les années où écrire ne permettait pas de vivre, entre emplois alimentaires, difficultés matérielles et persévérance littéraire. Il interroge le rapport entre argent, indépendance et vocation, dans un récit autobiographique complété par l’essai « Pourquoi écrire ? ».

À propos du livre

Le livre prend pour sujet une expérience concrète de la création littéraire : comment continuer à écrire lorsque les ressources manquent et que la reconnaissance tarde. Auster ne transforme pas cette période en légende héroïque. Il examine plutôt les compromis, les humiliations ordinaires et les formes de dépendance que la pauvreté impose. La réflexion dépasse ainsi le seul cas de l’écrivain américain : elle porte sur la valeur que l’on attribue au travail intellectuel et sur les conditions matérielles nécessaires à son exercice.

La première partie adopte une forme narrative, fondée sur le retour aux années de formation et aux emplois qui ont permis à Auster de subsister. Le récit avance par épisodes et observations, avec une précision souvent sèche, parfois teintée d’ironie. « Pourquoi écrire ? » déplace ensuite le texte vers une argumentation plus directe. Cet assemblage donne au volume une double tonalité, mémorielle et essayistique, sans chercher à produire une autobiographie complète.

Dans l’œuvre d’Auster, ce livre éclaire la place de l’écriture autobiographique et la manière dont l’auteur transforme les circonstances de sa vie en matière de réflexion. Il constitue un complément utile à ses autres textes consacrés à la solitude, à la mémoire et à la vocation artistique. Sa réputation tient surtout à sa franchise : le livre refuse les mythes romantiques de l’écrivain pauvre, tout en montrant pourquoi l’écriture peut rester nécessaire malgré l’absence de garanties.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs intéressés par les conditions matérielles de la création et par les récits d’apprentissage littéraire y trouveront une réflexion concrète, sans idéalisation de la vocation.
  • Les lecteurs de Paul Auster qui souhaitent mieux comprendre ses préoccupations autobiographiques et sa conception de l’écriture apprécieront ce volume bref et explicite.
  • Les amateurs d’essais littéraires accessibles, construits à partir d’une expérience personnelle plutôt que d’un appareil théorique, pourront y trouver un point d’entrée pertinent.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent un roman à intrigue ou un récit autobiographique développé risquent d’être déçus par la brièveté et la dimension réflexive du texte.
  • Les lecteurs qui cherchent une théorie systématique de la littérature trouveront ici des intuitions et une expérience personnelle plutôt qu’une démonstration universitaire.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le livre décrit sans romantisme les contraintes financières qui pèsent sur les débuts d’un écrivain.
  • L’alternance entre récit autobiographique et essai donne deux angles complémentaires à la réflexion sur l’écriture.
  • Le style direct et précis rend accessibles des questions abstraites comme la vocation, l’indépendance et la valeur du travail littéraire.

Ce qui coince

  • La brièveté laisse certaines expériences à l’état d’esquisse, ce qui réduit parfois la portée de l’analyse.
  • La perspective reste fortement centrée sur le parcours de l’auteur, avec des généralisations qui peuvent sembler moins convaincantes qu’une étude plus documentée.

Fiche technique

Auteur
Paul Auster
Éditeur
Actes Sud
Parution
1997
Format
Poche
Prix éditeur
7,10 €
ISBN
9782330149772

Par la rédaction de Livres et pensées.