
Le Diable et le Bon Dieu
de Jean-Paul Sartre
4/5selon la rédaction
4,4/5 sur Amazon, 37 évaluations, relevé en septembre 2026
Une pièce dense sur la responsabilité et l’engagement, forte par ses dilemmes, mais parfois démonstrative dans ses débats philosophiques.
En bref
Dans l’Allemagne ravagée par la guerre des Paysans, Götz, un chef militaire brutal, cherche à choisir entre le mal et le bien. Sa quête met en jeu la foi, la liberté et la possibilité d’agir justement dans un monde sans garantie morale. La pièce mêle drame historique, réflexion existentialiste et affrontements politiques.
À propos du livre
Le personnage de Götz sert à Sartre d’instrument d’exploration de la liberté humaine. En refusant de recevoir ses actes d’une morale transcendante, il tente de déterminer lui-même ce que valent le bien et le mal. La pièce ne présente pas ces notions comme des abstractions isolées : elles se confrontent à la guerre, à la misère, au pouvoir et aux exigences de l’action collective. L’enjeu central tient ainsi moins à la sincérité des intentions qu’à la responsabilité assumée devant les conséquences de ses choix.
La construction repose sur de longues scènes de confrontation, où les personnages défendent des positions morales, religieuses ou politiques avec une grande netteté. Cette organisation donne à la pièce une force argumentative réelle, mais ralentit parfois le mouvement dramatique. Le langage est tendu, conceptuel, souvent solennel, avec des échanges qui ressemblent autant à des débats philosophiques qu’à des dialogues théâtraux. L’histoire et le conflit militaire fournissent toutefois une matière concrète à ces discussions, en évitant que la réflexion ne reste entièrement détachée du réel.
Le Diable et le Bon Dieu appartient à la période où Sartre associe étroitement littérature, existentialisme et engagement politique. Comme dans Les Mains sales, l’auteur interroge la difficulté d’agir dans une situation historique compromise, sans disposer d’une pureté morale préalable. La pièce prolonge aussi les interrogations de son théâtre sur la mauvaise foi, la liberté et le regard des autres, mais dans une ampleur historique et idéologique plus marquée. Elle s’adresse donc autant aux lecteurs de Sartre qu’à ceux qui s’intéressent au théâtre d’idées du XXe siècle.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les pièces où les conflits moraux et politiques sont examinés directement, à travers des dialogues argumentés.
- Les lecteurs intéressés par l’existentialisme de Sartre et par la question de la responsabilité individuelle dans l’action historique.
- Les amateurs de théâtre historique qui acceptent une représentation très intellectuelle du conflit et des personnages fortement porteurs d’idées.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue rapide et une psychologie subtile plutôt que de longs affrontements philosophiques.
- Les lecteurs peu sensibles au vocabulaire de l’engagement politique et aux débats sur la foi, la liberté et la responsabilité.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La pièce met en scène de façon concrète le conflit entre liberté individuelle, morale et engagement politique.
- Les dialogues donnent une forme dramatique claire aux principales questions de l’existentialisme sartrien.
- Le cadre de la guerre des Paysans élargit la réflexion personnelle aux rapports de pouvoir et aux violences de l’histoire.
Ce qui coince
- Les échanges très démonstratifs peuvent donner aux personnages une fonction d’argument plus qu’une profondeur psychologique constante.
- L’ampleur des débats philosophiques et politiques ralentit parfois la progression dramatique.
Fiche technique
- Auteur
- Jean-Paul Sartre
- Éditeur
- Gallimard
- Parution
- 1951
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 8,10 €
- ISBN
- 9782070368693
Par la rédaction de Livres et pensées.